L'annonce des résultats des sociétés cotées en Bourse est souvent l'occasion de nouvelles spéculations. L'exercice effectué jeudi par le Swatch Group ne déroge pas à la règle. En annonçant l'ajournement de son programme de rachat d'actions, le premier groupe horloger mondial émet un signe clair: nous sommes des acquéreurs potentiels. «Cette décision va nous permettre de faire au mieux à la fois pour les actionnaires et pour la croissance du groupe. Elle doit servir à préparer soit une acquisition, soit un joint-venture», précise-t-on à Bienne. A cet égard, le Swatch Group semble armé pour frapper un (ou plusieurs) grand(s) coup(s). Il disposait à fin juin de quelque 700 millions de francs de liquidités auxquels il convient d'ajouter près de 150 millions de francs d'actions propres. Or la difficulté réside dans le fait que le Swatch Group n'est pas seul à l'affût. Il y a pléthore de candidats disposant d'énormes liquidités et d'appétits qui ne le sont pas moins.

On sait notamment que plusieurs groupes actifs dans le luxe, des sociétés horlogères ou des entités financières sont en phase active d'études devant déboucher sur l'une ou l'autre acquisition. TAG Heuer a réaffirmé publiquement son intention en début de semaine, le Swatch Group l'a fait jeudi; mais tous deux sont clairement en chasse depuis plus d'un an. Or les marques ou entités indépendantes ou dans le giron de groupes décidés à s'en séparer ne sont pas légion.

L'appétit du vendeur est à la mesure des dents longues de la meute d'acheteurs. Or plus on remplit le ventre du premier, plus le retour sur investissement du second s'avère aléatoire.