Les groupes étrangers exaspérés par la censure du Web chinois

Les autorités chinoises peuvent répéter à l’envi qu’elles souhaitent être accueillantes vis-à-vis des entreprises étrangères, ces dernières en ont de moins en moins la certitude. En particulier, elles commencent à se lasser de se heurter à la censure du Web chinois.

Dans un rapport présenté jeudi, la Chambre européenne de commerce a annoncé que 86% de ses membres estimaient que les restrictions concernant Internet avaient «un impact négatif» sur leurs affaires. Lors du dernier sondage sur la question, effectué en juin, ce chiffre se situait à 71%. Elles sont également 80% à dénoncer une aggravation de la situation depuis le début de l’année et 13% disent avoir repoussé ou renoncé à des investissements de recherche et développement en raison de ce contexte.

La censure d’Internet n’est pas une nouveauté en Chine, mais elle est de plus en plus drastique. Habitués à se voir interdire l’accès à de grands médias étrangers, mais aussi à Facebook, à Twitter, à YouTube, à Google, et désormais à Gmail, les étrangers installés en Chine contournent généralement ces restrictions aux moyens de VPN, des logiciels qui permettent d’établir une connexion sécurisée avec un serveur situé en dehors de Chine.

Mais ces derniers temps, Pékin a intensifié sa chasse aux VPN. Beaucoup sont devenus inopérants et certaines sociétés qui proposent ces services envoient des messages d’excuses à leurs utilisateurs devant une situation qui les dépasse. Dans un communiqué, le président de la Chambre de commerce européenne, Jörg Wuttke, prévient que cette censure renforcée est «un obstacle de plus en plus coûteux à surmonter pour faire des affaires, un coût que beaucoup d’entreprises trouvent plus difficile à assumer».

Même les groupes chinois s’en plaindraient, selon lui. Mardi, c’est la Chambre américaine de commerce qui avait lancé un pavé dans la mare, affirmant que 83% de ses membres pâtissaient de la censure. Une majorité ajoute que la pollution atmosphérique complique leur politique de recrutement d’expatriés dans le pays. Et presque autant jugent que les entreprises étrangères «sont moins les bienvenues en Chine qu’auparavant».

Au moment où les investissements directs étrangers ont tendance à diminuer dans le pays, et où la Chine commence à faire face à une fuite de capitaux, ce bras de fer entre milieux d’affaires et pouvoir chinois illustre à quel point le système politique de la Chine peut finir par constituer un obstacle sur sa trajectoire de développement.

Au Japon, on teste la journée sans jeu vidéo

S’inquiétant de la baisse des résultats scolaires des enfants de leur région, les responsables académiques et les associations de parents d’élèves de la préfecture d’Hokkaido, tout au nord du Japon, viennent d’instaurer leurs premières journées sans jeu vidéo.

Ayant découvert, à l’issue d’un vaste sondage, que plus de la moitié des collégiens et lycéens scolarisés dans la zone passaient, en moyenne, plus deux heures par jour sur Internet, souvent sur des jeux en ligne, les autorités ont lancé une campagne en janvier pour inciter les parents à proposer d’autres types d’activités ludiques à leurs enfants tous les premiers et troisièmes dimanches de chaque mois.

Des affiches montrant une large croix sur un dessin de trois enfants assis autour d’une console ont ainsi été distribuées un peu partout dans la préfecture pour sensibiliser la population. La campagne, qui semble faire un lien direct entre les jeux vidéo et la qualité des performances scolaires, propose de remplacer le temps en ligne ou sur console par des activités physiques, de la lecture ou des discussions avec le reste de la famille.

Mais quelques jours seulement après le lancement de cette opération «No Game Day», les organisateurs ont été assaillis par les critiques. Sur la Toile, les internautes ont moqué la diabolisation d’Internet ou de l’électronique quand d’autres parents de la région ont accusé les autorités de ne pas s’interroger sur la qualité des enseignements qui aurait poussé les jeunes à se réfugier dans les jeux vidéo.

L’académie a finalement décidé, cette semaine, de modifier ses affiches. Elles incitent désormais à plus d’activités physiques ou sociales sans condamner directement les jeux vidéo.

Xiaomi s’attaque aux Etats-Unis mais sans ses smartphones

Après avoir bouleversé, avec ses appareils à prix cassés, le marché dans plusieurs pays émergents d’Asie, Xiaomi, le plus grand producteur chinois de smartphones, vient d’annoncer qu’il allait enfin se lancer à l’assaut des Etats-Unis. Mais le groupe a immédiatement indiqué qu’il n’allait, dans un premier temps au moins, pas proposer sur le marché américain ses smartphones et tablettes, dont la popularité rogne pourtant sur la part de marché de Samsung en Chine, en Inde ou encore en Indonésie.

Xiaomi va seulement vendre aux Etats-Unis ses accessoires et d’autres objets connectés, comme des écouteurs, des bracelets de sport ou des petits chargeurs de batteries portables. Hugo Barra, qui occupe la vice-présidence de la société après avoir été débauché chez Google, a évoqué, jeudi, une entrée «expérimentale» sur le marché américain.

Les cadres du groupe n’ont toutefois pas expliqué en détail pourquoi ils se refusaient à proposer leurs smartphones Android de grande qualité à des coûts bradés. Les experts estiment que le groupe, qui s’inspire largement du modèle économique et des designs proposés par Apple, pourrait se retrouver attaqué sur des dossiers de propriété intellectuelle aux Etats-Unis. Une explication que Xiaomi dément.