Si l'institut lausannois Créa estime que le produit intérieur brut romand a atteint 113 milliards en 2007, son confrère bâlois BAK l'évalue à 117 milliards de francs. Une différence de 3,5% qui peut se révéler importante si l'on se réfère aux cantons. Ainsi, pour Genève, BAK estime le PIB à 39,4 milliards, contre 37,2 milliards pour le Créa. De même sur Vaud, où l'établissement bâlois évalue le PIB 8% au-dessus de son concurrent. «Dans les cantons forts, nos chiffres sont plus grands. Pour Fribourg, Neuchâtel et Valais, le Créa est plus optimiste», souligne Urs Müller, directeur du BAK.

«Ils sont plutôt opaques»

Tous deux utilisent une approche par la production. «Nous ne connaissons pas leur méthodologie, ils sont plutôt opaques sur ce point, donc nous ne pouvons pas expliquer ces différences», indique Claudio Sfreddo, chef de projet du Créa. «Comme toute méthodologie, la nôtre est complexe, mais elle est tout à fait fiable, rétorque Urs Müller, directeur du BAK. Cela fait quinze ans que nous établissons des PIB cantonaux et, comme nous le faisons avec tous les cantons, nous assurons une comptabilité avec les données du PIB helvétique, ce qui n'est pas le cas pour le Créa.» Et comme pour faire taire les mauvaises langues, Urs Müller assure que toute la méthodologie du BAK sera présentée à l'automne dans le cadre de la Conférence suisse des offices régionaux de statistique.