Après s’être abstenue pendant trois ans de publier des chiffres macroéconomiques, la Banque centrale du Venezuela (BCV) a indiqué que l’inflation avait été de 274,4% en 2016, 862,6% en 2017 et 130% en 2018.

Selon les chiffres de la BCV, le PIB national s’est contracté de 47,6% entre 2013 et 2018. La chute du PIB est calculée jusqu’au troisième trimestre de 2018. Ces chiffres sont cependant éloignés des estimations du Fonds monétaire international (FMI), qui évalue l’inflation au Venezuela à 1 370 000% pour 2018. Et le FMI prévoit une inflation de 10 000 000% pour 2019.

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La grave crise économique que connaît le pays a amené plus de trois millions de Vénézuéliens à émigrer depuis 2015, selon l’ONU. Dernièrement, la situation s’est compliquée encore davantage avec les tensions politiques suscitées par la lutte de pouvoir entre le président socialiste Nicolas Maduro et l’opposant Juan Guaido.

Sanctions américaines aggravées

Arrivé au pouvoir en 2013 en tant que dauphin du président Hugo Chavez (1999-2013), Nicolas Maduro attribue l’effondrement économique du pays aux lourdes sanctions financières imposées par les Etats-Unis au Venezuela et à son entreprise pétrolière nationale, PDVSA.

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Ces sanctions se sont aggravées depuis que Washington a apporté son soutien à Juan Guaido, chef du Parlement contrôlé par l’opposition, qui s’est autoproclamé président par intérim en janvier dernier et a été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis.

Toutefois, pour Henkel Garcia, directeur de la firme spécialisée Econometrica, les données publiées par la BVC «confirment que la plus grande partie de la destruction de l’économie s’est produite bien avant les sanctions».

Chute des exportations pétrolières

La BCV a également donné mardi des informations sur les exportations pétrolières, qui représentent 96% des revenus du Venezuela. Selon ses chiffres, les exportations ont chuté pour se situer à 29,81 milliards de dollars en 2018. Elles s’élevaient à 85,603 milliards de dollars en 2013 et à 71,732 mds USD en 2014, lorsque les prix du pétrole se sont effondrés et que la profonde crise touchant les Vénézuéliens a éclaté.


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Bien que les prix du pétrole se soient redressés à partir de 2016, une chute brutale de la production vénézuélienne a empêché un rebond des revenus. Selon les chiffres officiels, l’offre de pétrole vénézuélien, qui représentait 3,2 millions de barils par jour il y a dix ans, n’était que de 1,03 million de barils en avril dernier.

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La Banque centrale, fidèle au régime chaviste, avait cessé il y a trois ans de publier des données, sans expliquer cet arrêt. Auparavant, elle avait déjà réduit le nombre des chiffres qu’elle divulguait. Les importations totales ont elles aussi chuté en trois ans, passant de 57,183 milliards de dollars en 2013 à 14,866 milliards en 2018, ce qui explique les graves pénuries de produits de première nécessité.

Les Vénézuéliens sont confrontés à des pénuries cycliques de produits alimentaires de base et à des pénuries chroniques de médicaments et d’autres produits de santé, auxquelles s’ajoute le manque d’essence, qui est en grande partie importée.