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Guerre commerciale: l'UE prépare sa riposte, Washington temporise

Si Donald Trump augmente vraiment certains droits de douane, Bruxelles visera les jeans, le beurre de cacahuète, le jus d’orange ou le bourbon. Le secrétaire américain au commerce assure que son pays «ne cherche pas» une guerre commerciale

La Commission européenne a présenté ce mercredi sa stratégie de riposte face aux menaces de Donald Trump de taxer lourdement les importations d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis, dont des mesures de rétorsion sur les jeans, le beurre de cacahuète, le jus d'orange ou le bourbon. Pendant ce temps, à Washington, le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a affirmé que les Etats-Unis «ne cherchaient» pas une guerre commerciale.

«Il n'y a pas de gagnants dans une guerre commerciale», a affirmé la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström, qui «espère toujours que l'Europe sera exemptée» des mesures annoncées la semaine passée par le président américain: des droits de douane de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium. «Cela nuirait aux relations transatlantiques», a insisté la Suédoise, qui comme prévu n'a pas fait d'annonces concrètes mais uniquement présenté les mesures que l'UE est prête à prendre le cas échéant.

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L'UE ne «traite pas bien» les Etats-Unis

Donald Trump a réaffirmé mardi ses intentions, accusant même l'Union européenne de n'avoir «pas bien traité les Etats-Unis» en matière commerciale. Ce protectionnisme affiché a d'ailleurs poussé son principal conseiller économique, Gary Cohn, à claquer la porte de la Maison Blanche.

Les Européens exportent environ 5 milliards d'euros (5,8 milliards de francs) d'acier et 1 milliard d'euros d'aluminium chaque année vers les Etats-Unis. Les mesures américaines, jugées protectionnistes par l'UE, pourraient leur porter préjudice à hauteur de 2,8 milliards d'euros, selon les calculs de la Commission.

Mesures de rééquilibrage

Tout en compliquant l'accès au marché américain pour les sidérurgistes européens, les taxes de Donald Trump pourraient aussi détourner vers l'Europe la production étrangère qui ne trouverait plus de débouchés aux Etats-Unis.

La première disposition envisagée par Bruxelles consiste à prendre des mesures dites «de rééquilibrage» afin de compenser en valeur le dommage subi, en accord - insiste-t-elle - avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il s'agirait, concrètement, de taxer certains produits américains spécifiques pour envoyer un message politique à Donald Trump, par exemple en visant des entreprises dans les Etats qui lui sont le plus favorables. Cette première réponse mettrait environ trois mois à devenir effective.

Une liste à venir

L'idée de Bruxelles est de maximiser l'impact politique aux Etats-Unis de ces mesures de rétorsion, tout en minimisant ses effets sur les consommateurs européens. «Une liste provisoire est en discussion» et sera «bientôt rendue publique», a confirmé Cecilia Malmström. «Il y a sur cette liste des produits en acier, industriels et agricoles. Certains types de bourbon en font partie ainsi que d'autres articles comme le beurre de cacahuète, les airelles et le jus d'orange», a-t-elle précisé.

Jean-Claude Juncker avait déjà révélé la semaine dernière que des marques emblématiques comme Harley-Davidson et Levi's, ainsi que le bourbon, étaient dans le viseur de Bruxelles.

Dans les faits, la liste de l'UE ne mentionne pas d'entreprises, mais utilise une nomenclature douanière plus générale - type «pantalons, de travail, de coton, pour hommes». «On ne peut cependant pas prendre de décision définitive sur cette liste tant que les Etats-Unis n'ont encore rien annoncé d'officiel», insiste une source européenne.

«Ils peuvent faire ce qu'ils veulent mais, s'ils le font, on mettra alors une grosse taxe de 25% sur leurs voitures et, croyez-moi, ils ne continueront pas à le faire très longtemps», a rétorqué Donald Trump mardi quand un journaliste l'interrogeait sur les potentielles mesures européennes.


Wilbur Ross nuance

Ce mercredi, le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a donc assuré que les Etats-Unis ne cherchaient pas une guerre commerciale et que la décision d'appliquer des taxes à l'importation d'acier et d'aluminium avait été «mûrement réfléchie».

«Nous ne voulons pas une guerre commerciale», a dit M. Ross lors d'une interview à la chaine CNBC. Il s'exprimait au lendemain de la démission de Gary Cohn, le principal conseiller économique de Donald Trump, qui était en désaccord avec cette initiative.

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