Le bras de fer se déroule à 16 000 kilomètres de la Suisse, mais il la concerne de très près. Cette semaine, l’affrontement entre les géants de la tech américains et le gouvernement australien a atteint son paroxysme, avec la décision de Facebook d’empêcher tout partage d’articles de presse. Cette guerre inédite entre une multinationale du numérique et un Etat devrait renforcer la volonté de l’Union européenne et, par ricochet, de la Suisse d’adapter sa législation pour que les éditeurs de presse soient rémunérés par Facebook et Google.

L’enjeu, c’est l’argent. Estimant que ces entreprises américaines pillent leur contenu sans rémunération aucune, les éditeurs de presse demandent justice. D’autant qu’en Australie, Google aspire à lui seul 53% de la publicité en ligne, Facebook 28%. D’où la volonté de Canberra de légiférer: son «code de conduite contraignant» vise nommément ces deux sociétés américaines, de sorte qu’elles concluent des accords avec les éditeurs pour les rémunérer. La loi, qui pourrait être adoptée définitivement à la fin de la semaine prochaine, impose un arbitrage indépendant en cas de désaccord sur le montant.