Il n'y a pas que Swiss à subir durement les conséquences de la guerre en Irak. Lundi, Assad Kotaite, président de l'Organisation de l'aviation civile internationale, a évalué le bilan des pertes pour les compagnies aériennes à 10 milliards de dollars. Au point que la Commission européenne envisage désormais des mesures de soutien à l'égard des compagnies européennes, telles que l'assouplissement des conditions régissant les créneaux horaires. Et selon Les Echos, Washington étudierait également un nouveau plan d'aide aux compagnies américaines, de nature à éviter notamment la faillite d'American Airlines.

Mais Swiss, dont l'histoire a échaudé les milieux politiques, semble avoir peu de chances de bénéficier d'un tel coup de pouce. Le rejet le plus catégorique vient logiquement de la droite: «La guerre est un prétexte utilisé par Swiss pour se faire verser de l'argent, affirme le porte-parole de l'UDC, Yves Bichsel. Alors que depuis le départ, le problème est structurel: compagnie surdimensionnée, problèmes d'alliances, etc.» Le secrétaire général du Parti radical, Guido Schommer, ne parle pas autrement: «Les problèmes économiques évoqués aujourd'hui sont liés au bilan de l'an dernier. Ils ne sont pas uniquement liés à la guerre en Irak. Guerre qu'il était, par ailleurs, possible de prévoir.»

Au PDC, le ton est à peine moins catégorique. Pour sa porte-parole, Béatrice Wertli, le fait que la Confédération ait déjà beaucoup investi pour cette compagnie implique avant toute chose une surveillance accrue de l'entreprise et un esprit particulièrement critique à l'égard des éventuels défauts de management. «Quant à savoir si la guerre justifie une nouvelle aide, c'est à voir.»

Les yeux tournés vers l'Europe

Chez les socialistes enfin, le conseiller national Pierre-Yves Maillard (VD) se montre plus ouvert, mais néanmoins prudent: «Avant tout, il faudra analyser ce qui, des difficultés actuelles de la compagnie, relève de problèmes structurels d'une part, de l'impact de la guerre d'autre part. Si les défauts du projet promettent de lui interdire la rentabilité à jamais, n'en rajoutons pas. Mais si le poids de la guerre l'empêche de poursuivre une évolution prometteuse, il ne faut pas fermer d'avance la porte à une nouvelle aide. A fortiori si l'Union européenne intervient de son côté.»