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Une station de taxis Uber devant un centre commercial à Pékin.
© AFP PHOTO / STR

Technologie

La guerre du taxi à la demande bat son plein en Asie

Didi Chuxing, Grab et Go-Jek sont quelques-unes des start-up qui se battent pour s’imposer sur le marché asiatique de la voiture partagée. Face à ces champions locaux, Uber peine à se faire une place

Si Uber domine le marché des taxis à la demande aux Etats-Unis et en Europe, ce n’est pas le cas en Asie. Une série de start-up innovantes ont su y repousser les assauts du géant californien. En Chine, Didi Chuxing, une firme fondée en 2012, valorisée à 50 milliards de dollars, exerce une domination absolue sur le marché local. Elle a plus de 400 millions d’usagers répartis dans 400 villes. Pour améliorer son offre, elle vient de créer un centre de recherche consacré à l’intelligence artificielle au cœur de la Silicon Valley.

Un peu plus au sud, c’est le singapourien Grab qui se trouve aux manettes. Né en 2012, il gère 95% des commandes de taxis et 71% des commandes de voitures privées en Asie du Sud-Est. Il effectue 3 millions de trajets par jour et opère dans sept pays (Singapour, Malaisie, Thaïlande, Vietnam, Philippines, Indonésie et Myanmar). Fin juillet, il a levé 2,5 milliards de dollars, notamment de la part de Didi Chuxing, ce qui le valorise à 6 milliards de dollars.

Les start-up dominent les marchés domestiques

Il a également développé un service de paiement automatisé, appelé GrabPay, qui fonctionne sur le modèle des porte-monnaies électroniques d’Apple ou de WeChat, et vient de commencer à tester des taxis autonomes à Singapour en collaboration avec nuTonomy, une spin-off du MIT. Outre ces deux mastodontes, il existe une série de start-up plus petites qui dominent leur marché domestique, à l’image de l’indien Ola et de l’indonésien Go-Jek.

La principale force de ces mini-empires est d’avoir su s’adapter aux conditions locales. «Les villes d’Asie sont extrêmement congestionnées, relève Dane Anderson, en charge de la région Asie-Pacifique pour l’agence de conseil économique Forrester. Certains de ces services ont donc commencé à proposer des motos avec chauffeur, ce qui permet de contourner le trafic.» Grab et Go-Jek ont tous deux lancé une telle offre. Un trajet qui prendrait une heure en voiture dans les rues engorgées de Djakarta ne nécessite plus que quinze minutes.

Grab permet aussi à plusieurs usagers de se regrouper dans une voiture ou un minibus – un service appelé Hitch – afin de se partager les frais. Dans la même logique: «Ola permet de commander un rickshaw et de payer le chauffeur en cash», précise Dane Anderson. Dans ces pays qui manquent souvent de services de livraison efficaces, la plupart de ces apps permettent en outre de se faire livrer un repas, ses courses ou même de commander une esthéticienne à domicile.

Pas de conflit avec les autorités

Autre particularité, elles entretiennent des rapports moins conflictuels avec les autorités que dans le monde occidental. «Les services de taxis officiels ont le plus souvent été intégrés à leur offre, ce qui a évité l’émergence de rancœurs», souligne Dane Anderson. Aux Philippines et en Indonésie, Grab travaille carrément avec le gouvernement: il leur fournit des données sur ses trajets et contribue à déterminer les meilleurs emplacements pour construire de nouvelles autoroutes.

Quant à Uber, s’il n’a pas déclaré forfait en Asie, il peine à y rattraper son retard. «En Chine, il a revendu son antenne locale à Didi Chuxing et s’est retiré de ce marché en 2016», dit Chris Jones, un consultant économique chez Canalys. Il perdait trop d’argent. En Asie du Sud-Est, il est présent dans six pays. «Mais il peine à s’imposer face aux champions locaux qui ont l’avantage de s’y être implantés en premiers», juge l’analyste.

L’offensive de Didi Chuxing

Pire, Didi Chuxing a lancé une vaste offensive pour contester la domination d’Uber hors d’Asie, nouant des partenariats avec le brésilien 99, avec l’estonien Taxify et avec le dubaïote Careem, pour étendre sa présence en Amérique latine, en Europe de l’Est, en Afrique et au Moyen-Orient. Il a aussi investi 100 millions de dollars dans Lyft, le concurrent américain d’Uber.

Il reste toutefois une série de territoires sous-desservis, comme le Bangladesh, le Laos, le Cambodge ou le Myanmar, où les géants du taxi à la demande peuvent encore en découdre. En mars, Grab a annoncé le lancement de son app au Myanmar. Quelques heures plus tard, Uber promettait d’investir ce marché «tout bientôt».

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