Chirurgie

Les gynécos travaillent avec des outils centenaires

Les investisseurs s’intéressent aux gadgets en lien avec la fertilité ou l’allaitement. A l’inverse, des instruments gynécologiques, comme la pince de Pozzi, n’évoluent guère et font toujours souffrir les femmes

Mathieu Horras, un ingénieur en mécanique et spécialiste des technologies médicales, sort de sa sacoche une longue pince métallique qui se termine par deux crochets acérés. Cet instrument s’actionne comme une paire de ciseaux. Les gynécologues l’insèrent dans le vagin des patientes pour saisir et tirer, à l’aide de ces deux crocs, le col de l’utérus avant la pose d’un stérilet. Ce geste, effectué sans anesthésie, avait déjà lieu il y a plus de cent ans. Il continue d’être effectué aujourd’hui.

Appelée pince de Pozzi, cet outil n’a guère évolué depuis la fin du XIXe siècle. Chaque année, environ 80 millions d’interventions de ce type ont lieu dans le monde. Certains spécialistes expriment pourtant un malaise à utiliser cet instrument, qualifié de croc de boucher selon Martin Winckler. Médecin et écrivain français, il écrit: «La pince de Pozzi, c’est une horreur absolue qui fait des trous dans le col de l’utérus.»