Un «décollage», ou «liftoff», c’est ainsi que la Réserve fédérale américaine (Fed) décrit la hausse des taux d’intérêt – la première en dix ans – qu’elle pourrait décider en décembre prochain.

La semaine dernière, à l’issue de sa réunion, elle voulait donner l’impression que cette intervention est une «possibilité» et non une «certitude», a expliqué Dennis Lockhart, président et directeur général de la Fed d’Atlanta. Elle y est parvenue, a expliqué le grand argentier, qui siège aussi au conseil des gouverneurs (FOMC) et qui s’exprimait lors d’une conférence organisée à Berne par la Banque nationale suisse (BNS) réunissant chercheurs et praticiens.

En septembre, si l’on se fie à la règle dite de Taylor – règle de politique monétaire largement utilisée par les banques centrales pour déterminer le taux d’intérêt optimal –, une première hausse des taux aurait pu être possible. Néanmoins,

Dennis Lockhart n’est ni une «colombe», ni un «faucon»- partisan d’une politique monétaire très accommodante ou l’inverse, dans le jargon des banquiers centraux –, a précisé Thomas Jordan, dans son introduction. Mais plutôt le leader du consensus, a expliqué le président du directoire de la BNS.

Cette hausse de taux, qui marquera le retour à une politique monétaire normale, selon Dennis Lockhart, aurait pu se produire lors de la réunion de septembre. Or des «risques émergents, notamment les risques de propagation du ralentissement de la croissance chinoise et le pic de volatilité dans les marchés financiers mondiaux», ont conduit à repousser la décision. «C’était une décision serrée», mais il «était prudent» de ne rien faire, a précisé le grand argentier.

La période allant de la réunion de la Fed de septembre celle d’octobre n’a pas été assez longue pour répondre à toutes les questions qui se posaient à la fin de l’été, a jugé Dennis Lockhart, justifiant ainsi le statu quo. Mais pour le banquier central, les arguments en faveur d’un resserrement monétaire ne feront que se renforcer d’ici à la réunion de la mi-décembre.

Quelque soit le moment où la Fed se décide à procéder à sa première hausse de taux, le processus sera «très graduel», a encore précisé Dennis Lockhart.