Comme attendu, le mois d’avril s’est révélé explosif pour les exportations horlogères suisses. Après un déclin de 81,3% l’an dernier provoqué par les mesures de confinement strictes au niveau planétaire, elles affichent un rebond de 446,1% sur un an. Un chiffre jugé non pertinent par la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), qui préfère une comparaison sur deux ans. Par rapport à avril 2019, qui montrait des signes de tassement, la hausse se monte à 2%, à 1,8 milliard de francs.

«Les exportations ont atteint un niveau élevé le mois dernier, ce qui confirme le retour à la normale amorcé en mars (1,9 milliard). Les prochains mois seront déterminants pour confirmer cette tendance. Jusqu’ici, le niveau cumulé depuis le début de l’année (-0,4%) est identique à celui affiché il y a deux ans», précise le communiqué publié jeudi.

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Un quart des volumes perdus

Si les nouvelles sont positives du point de vue de la valeur globale, les statistiques détaillées traduisent une forte polarisation du marché. Seules les montres à plus de 3000 francs – prix export – affichent une croissance, de 4,1% en volume et de 10,1% en valeur. Avec 12% des volumes totaux, elles ont généré les trois quarts de la valeur de l’horlogerie suisse.

Tous les segments de prix inférieurs dégringolent. «Le nombre de garde-temps exportés s’est situé très en dessous du niveau affiché deux ans auparavant (-25,8%), en raison principalement de la baisse des produits en acier (-24%) et de ceux de la catégorie «autres matières» (-43,4%)», dans laquelle figurent notamment les montres en plastique.

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Par rapport à avril 2019, ce sont ainsi 408 000 montres de moins qui ont été envoyées vers l’étranger. Le recul est de 34,4% en Europe, de 28,1% en Asie, tandis que les Amériques croissent de 1%. Depuis le début de l’année, la chute des volumes totaux s’élève à 31,5%.

Contacté, le président de la FH, Jean-Daniel Pasche, ne s’émeut pas de cette baisse qui témoigne des difficultés que rencontrent encore l’entrée et le milieu de gamme: «Ce n’est pas un phénomène nouveau et cela ne constitue pas vraiment une surprise. Nous sommes heureux de voir que l’évolution globale est positive et qu’elle répond à nos attentes».

En valeur, les Etats-Unis (+14,6%) reprennent la tête des principaux marchés d’exportation devant la Chine (+75%). La contraction reste marquée à Hongkong (-24,8%) et au Japon (-11,7%), tandis que l’Europe se situe toujours «en retrait» (-5,1%).

Chute des exportations globales

Tous secteurs confondus, les exportations suisses ont stagné à 20 milliards de francs en avril, indique jeudi l’Administration fédérale des douanes, qui se base sur des comparaisons mensuelles. Elles avaient bondi de 5,9% le mois précédent. Les plus fortes baisses sont enregistrées par les produits chimiques et pharmaceutiques (-151 millions) ainsi que la bijouterie et la joaillerie (-229 millions).