L'Université de Genève, et la section des HEC en particulier, entend se profiler comme une institution de pointe dans le microcosme de la formation continue en Suisse romande. Les nouveaux diplômes concoctés par la Haute école du bout du lac se suivent en rafale. Dernier-né de cette mouvance: le certificat en management stratégique du processus achats, logistique et approvisionnements. Une première en Suisse.

Derrière ce nom à consonance barbare se cache un enjeu important pour les entreprises. Traditionnellement, l'acheteur est un négociateur qui assure le ravitaillement et essaie de faire de bonnes affaires auprès des fournisseurs. Actuellement, le métier est en pleine mutation.

Suite à l'ouverture des marchés, l'acheteur doit élargir ses perspectives et acquérir des connaissances en matière de commerce international et de droit des achats. En outre, avec l'essor du management global, on assiste dans toutes les entreprises à un mouvement d'intégration des différentes activités. C'est-à-dire? «Si un acheteur commande une grande quantité de marchandises parce qu'il l'obtient à un bon prix, il peut créer des embouteillages importants et poser de gros problèmes au responsable du stockage. Il lui est donc devenu impossible de travailler seul dans son coin, et il doit tenir compte des autres maillons de la chaîne d'approvisionnement. Il lui faut également veiller à la fiabilité des fournisseurs, la qualité des produits et le respect des délais de livraison», explique Jean-Philippe Vial, professeur de gestion de HEC Genève et membre du comité scientifique du certificat.

En d'autres mots, l'action des acheteurs déclenche des effets en chaîne qu'ils ne sont pas à même de maîtriser. Dans l'environnement actuel de concurrence accrue, où tout doit aller très vite, il est essentiel qu'ils disposent d'une connaissance suffisante de la marche de l'entreprise pour éviter ce type de dysfonctionnements.

Et pourtant, les responsables d'achat ne bénéficiaient d'aucune formation spécifique à leur profession. Une lacune que le nouveau certificat devrait dorénavant combler. Destiné à toutes les personnes qui exercent déjà cette profession et qui souhaitent accroître leurs connaissances, le programme a été élaboré en collaboration avec l'Association suisse pour l'approvisionnement et l'achat (ASAA) et s'inspire de ce qui se fait déjà à l'étranger, en France notamment.

Il comprend des cours généraux, portant sur des thèmes comme les fondements économiques et les relations interentreprises ou la finance internationale, et des modules plus pointus. Par exemple: la gestion des stocks, le droit des achats ou la négociation et le management des hommes. «Je suis sûr que notre initiative aura du succès», conclut Jean-Philippe Vial. «Car, cette fonction, pourtant vitale pour l'entreprise, a été trop longtemps négligée.»