Les hedge funds sont supposés gagner de l’argent en tout temps, même lorsque les marchés tanguent. Certains y parviennent à travers leurs investissements. Celui du milliardaire Chris Rokos a ainsi connu le meilleur mois de son histoire en mars, avec un gain de 14% alors que les bourses étaient chahutées comme rarement. Mais certains de ses plus petits confrères de l’alternatif ont trouvé une manière plus sûre d’empocher de l’argent: en bénéficiant du programme américain de soutien aux PME.

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Il leur suffit de déclarer qu’ils emploient moins de 500 collaborateurs et que le climat économique actuel menace leur activité. Ces gérants pourront alors participer au programme dit de «Paycheck Protection» à 349 milliards de dollars lancé par l’administration Trump. Son objectif est d’aider à payer les salaires, loyers et factures pendant huit semaines au maximum. Et si le bénéficiaire ne licencie pas ou embauche, l’argent reçu ne doit pas être remboursé.

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Dégâts d’image

Les géants de Wall Street n’ont aucune intention de participer à ce programme. Mais de nombreux petits hedge funds, où la norme est de compter le moins possible d’employés, y songent sérieusement. Certains avocats déconseillent à ces financiers de demander de l’aide, pour éviter les dégâts d’image.

Mais vu que le programme distribue des fonds sur la base du premier arrivé premier servi, il est très possible que des gérants de hedge funds privent en quelque sorte des salons de coiffure ou des boucheries de fonds d’urgence. D’autant plus que leur métier de base prédispose les gérants à réagir rapidement. Mauvaise nouvelle pour les PME «normales».