Si la gestion alternative devait avoir une stratégie emblématique, ce serait la stratégie des fonds Long/Short actions. En effet, la masse sous gestion allouée à cette stratégie représente 26,6% du monde alternatif. Cependant, ce bloc ne saurait être considéré comme homogène et il est nécessaire d'y discerner différents types de sous-stratégies.

Sur la base du critère de l'exposition nette, on distingue quatre sous-stratégies majeures. Ces quatre grandes classes sont: les fonds de type «market neutral», les fonds à biais opportuniste, les fonds à biais court (LT du 4.10.2004) ainsi que les fonds à biais long. C'est sur ces derniers que nous allons nous pencher plus en détail.

L'exposition nette mesure la différence entre le pourcentage d'actifs alloués à l'achat d'actions, et celui réservé à la vente à découvert de titres. Un fonds qui a une exposition longue de 100% et une exposition courte de 60%, a ainsi une exposition longue nette de 40% (100%-60%). Une mesure basique de la surperformance générée consistera à comparer les performances du gérant avec un portefeuille benchmark qui serait investi à 40% dans le marché de référence et dont le reste serait investi en placement monétaire.

Pour un fonds qui passe ce test avec succès, il est alors intéressant de se pencher sur le risque associé à cette surperformance. Avant cela, il est intéressant de calculer l'exposition brute en additionnant les valeurs absolues des expositions du portefeuille, dans notre cas ceci équivaut à 160%. Ceci signifie que pour 100 dollars investis, c'est finalement 160 dollars qui sont investis sur le marché. Nous avons donc un levier de 1,6 pour 1.

Il faut noter que la même exposition nette pourrait être répliquée avec 70% d'exposition longue et 30% d'exposition courte sans faire appel à un quelconque levier. Lorsque ce levier est utilisé à bon escient il permet d'accroître le niveau de diversification du portefeuille et de réduire sensiblement la volatilité. La comparaison des ratios de Sharpe permet ensuite d'apprécier la mesure du rendement ajusté au risque. Pour les écarts à la moyenne négatifs, on préférera le ratio de Sortino, qui utilise comme dénominateur la volatilité. En effet, c'est cette volatilité «à la baisse» qui importe pour un investisseur axé sur la génération de rendement absolu. Dans la volatilité, la part qui provient des écarts à la moyenne positifs et qui génère la performance positive n'a pas sa place dans la mesure du risque associé à l'investissement.