L’offre publique d’achat du Chinois HNA, bâti sur les bases de la compagnie aérienne Hainan Airlisnes, à 53 francs, valorise Gategroup à 1,4 milliard de francs. Après son lancement, le prix du groupe suisse s’est établi un peu au-dessus de 53 francs en bourse. Mais il n’est pas sûr que l’on en reste là. «Un prix de 80 à 130 francs serait tout à fait possible, déclare à Schweiz am Sonntag Rudolf Bohli. Celui-ci représente le hedge fund RBR Capital Advisors et qui possède avec Cologny Advisors 11 % du capital.

Andreas Schmid, une grande personnalité

Le spécialiste suisse des services à bord ne suivra peut-être pas Swissport vers la Chine. «Il faut trouver un chevalier blanc», affirme Rudolf Bohli. Ce dernier trouve «incompréhensible que le conseil d’administration de Gategroup ne cherche pas d’autres offres». Une personnalité est à la tête de ce dernier, Andreas Schmid, par ailleurs président de l’aéroport de Zurich et de Davidoff.

«Il faut se demander si le conseil d’administration croit lui-même aux objectifs qu’il s’est fixés», lance Rudolf Bohli. Le calcul de ce dernier est simple. En mars, la direction de Gategroup a présenté sa stratégie «Gateway 2020», qui prévoit une amélioration de la marge d’exploitation de 0,25 à 0,5 % par an et une croissance du chiffre d’affaires de 3 à 5 %. «Sur la base de ces chiffres, la valeur correcte devrait être comprise entre 70 et 75 francs», selon Remo Rosenau, chef analyste auprès de la Neue Helvetische Bank.

Andreas Schmid s’appuie sur une estimation indépendante. «Il n’appartient pas à un conseil d’administration responsable lors d’une OPA d’estimer le prix en cas de mise en œuvre de la stratégie» affirme la porte-parole du groupe. «La mise en œuvre est toujours liée à certains risques», ajoute-t-elle.

Economiser sur les revenus du management?

Rudolf Bohli explique pour sa part que des économies de 100 millions de francs pourraient être réalisées. Elles amélioreraient la marge de 8 à 10 %. «Un prix de 100 francs deviendrait réaliste», fait-il valoir. Et d’ajouter qu’il commencerait par économiser sur les revenus de la direction. Il est vrai qu’à l’assemblée générale de jeudi dernier, le rapport de rémunération a été mal accueilli. 39 % des actionnaires l’ont refusé. Andreas Schmid lui-même n’a obtenu que 68 % des voix lors de sa réélection.

Le hedge fund n’est pas seul à penser que le prix de l’OPA est trop bas. Le Financial Times recommande aux actionnaires d’exiger de meilleures conditions.

Andreas Schmid défend le choix de HBA, mais se dit prêt à étudier d’autres offres. «Mais pour l’instant, il n’y en a pas d’autres», déclare-t-il. Les chevaliers blancs possibles pourraient être les géants Sodexo et Compass, selon le journal.


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