«Le private banking a été un mot très galvaudé, c'est pourtant là que réside l'essentiel de notre survie, soit dans la construction, le développement et le maintien de relations privilégiées avec nos clients», expliquait il y a peu à ses employés le président du groupe Union Bancaire Privée (UBP), Edgar de Picciotto. Les résultats de 1999 (voir Le Temps du 28 janvier 2000) prouvent en effet que la stratégie de l'UBP a produit ses premiers effets. Et, comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, les 873 employés du groupe ont été avisés jeudi d'une arrivée prestigieuse dans le conseil d'administration du groupe: celle de Helmut Maucher.

Selon nos informations en effet, le président du groupe Nestlé – jusqu'en mai prochain – devrait être nommé membre du conseil d'administration du groupe UBP lors de l'assemblée générale du 15 mars. Il y rejoindra un de ses pairs, le président et «chief operating officer» de Xerox Corporation, Richard Thoman. Mais aussi, le banquier Pierre Respinger, le directeur de l'institut d'études bancaires de l'Université de Zurich Edwin Rühli, l'homme d'affaires américain Sheldon Gordon, l'avocat Nicolas Brunschwig, le Neuchâtelois Pierre-Alain Blum, l'ancien conseiller d'Etat Olivier Vodoz, l'ancien membre du directoire de la BNS, Jean Zwahlen, et Edgar de Picciotto.

Helmut Maucher deviendra administrateur d'un groupe bancaire conséquent (15,4 milliards au bilan) dont la rentabilité brute par employé s'est redressée en 1999 à 380 000 francs. La route sinue encore pour retrouver le niveau de 1997 à 457 000 francs par employé. Mais en deux ans, le groupe est passé par une phase agressive de croissance humaine et technique. Ceci explique que les frais généraux aient augmenté l'an passé de 10% et ceux de personnel de 18%. L'UBP est en effet en train de réorganiser complètement son «paquet informatique bancaire», de se mettre à Internet, de consolider ses structures de compliance et de développer son réseau de distribution. L'an passé, elle a ainsi ouvert des bureaux de représentation à Milan et Tel-Aviv.

Selon le président de son directoire, Guy de Picciotto, l'exercice 2000 sera aussi placé sous le signe de la croissance quantitative et qualitative. L'accent sera mis sur le développement de la masse (56 milliards de francs à fin 1999 dont 4,5 milliards de francs en gestion institutionnelle) dont la part de 30% d'actifs sous mandat doit progresser par la consolidation du réseau, la prospection de nouveaux clients institutionnels et la fidélisation de la clientèle privée. L'UBP compte aussi mettre en place une structure de «family office» pour servir les clients ayant plus de 50 millions de dollars d'actifs. Le groupe devrait aussi ouvrir une filiale aux Bahamas, pour opérer avec la succursale locale de NordFinanz et servir la clientèle sud-américaine. Enfin, avec 1,46 milliard de fonds propres, elle a un matelas suffisant pour étudier des projets de partenariat ou de reprise d'actifs en Europe.