consolidation

Helvetia rachète deux assureurs suisses

Allianz Suisse cède le Lausannois Phenix et le Bâlois Alba à Helvetia pour 302 millions de francs

Le groupe Helvetia avait évoqué l’éventualité d’une croissance par acquisitions à la présentation de ses résultats semestriels. Stefan Loacker, son directeur général, n’a pas tardé à passer de la parole aux actes. Il rachète à Allianz Suisse deux assureurs suisses, Alba, dont le siège est à Bâle, et Phenix, basé à Lausanne, pour 302 millions de francs. Ces acquisitions, sous réserve du consentement des autorités, devraient être conclues au quatrième trimestre 2010. Les aspects principaux de l’intégration, laquelle devrait durer trois ans au maximum, seront étudiés ces prochains mois, selon Helvetia. La transaction permet à ce dernier d’accroître de plus de 25% son volume d’affaires dans l’assurance non-vie en Suisse et de 6% son volume d’affaires total.

Dans un communiqué, Stefan Loacker a expliqué qu’il voulait «tirer profit de l’une des rares occasions de renforcer notre bonne position sur le marché intérieur suisse». Comme les deux sociétés étaient autonomes au sein d’Allianz Suisse, ce dernier obtient pour sa part une simplification de ses structures. Il avait racheté Alba en tant que filiale de la Bernoise lorsqu’il avait repris cette dernière, et il avait acquis Phenix au groupe français AGF en 2004.

Aujourd’hui, Alba emploie 130 collaborateurs, sans le service externe (indépendant), et Alba 220 personnes, a indiqué Hansjörg Leibundgut, porte-parole d’Allianz Suisse au Temps. Les deux sociétés sont rentables. Alba est un assureur non-vie avec un volume d’affaires de 131,8 millions de francs et un bénéfice de 26 millions de francs. Phenix, dans les affaires de personnes et non-vie, enregistre un volume de primes de 87,1 millions de francs pour un bénéfice de 1,8 million de francs.

Action en hausse

La bourse apprécie cet acte de dynamisme et l’action réagit à la hausse. «C’est une excellente façon d’investir le capital excédentaire», selon Fabrizio Corte, analyste auprès de Kepler. «Le rachat est financé par les fonds propres d’Helvetia. Le prix correspond à 10% de ceux-ci et ne posera pas de problème particulier», ajoute Georg Marti, analyste auprès de la Banque cantonale de Zurich.

Le prix d’achat correspond à 11 fois le bénéfice total des deux assureurs en 2009. C’est environ 30% au-dessus de l’évaluation des assureurs en bourse, mais il se justifie par les synergies et gains d’efficience attendus et la difficulté à effectuer des rachats sur un marché aussi intéressant que l’assurance suisse, indique Kepler dans son commentaire.

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