Lancée en octobre 2003, opérationnelle dix mois plus tard avec son premier vol, la petite compagnie d'aviation suisse Helvetic Wings n'existe plus que sur le papier. Avec, à la clé, la suppression de sa dizaine d'emplois et près d'un million de francs partis en fumée. Officiellement, la société n'a pas déposé son bilan. Sur son site internet toujours actif, elle invite même des fonds privés et institutionnels à investir dans son capital autorisé de 8 millions de francs. Sur la même lancée, elle invite les éventuels chercheurs d'emploi à revisiter le site, comme si elle allait renaître de ses cendres.

Le conseil d'administration d'Helvetic Wings s'est réuni vendredi après-midi pour prendre des décisions stratégiques. Dominique P. Martin, qui cumule les fonctions d'administrateur et de directeur général, n'a pas voulu en dire plus. Mais il est certain que la compagnie a cessé toutes ses activités.

En fait, les affaires ont mal démarré dès le départ. Selon Eric Stauffer, qui a quitté son poste de directeur financier cet été, la ligne Marseille-Genève-Bâle, la seule de la compagnie, a été un fiasco, perdant 10 000 francs par jour sur le tronçon suisse. C'est seulement au début de septembre que le conseil d'administration a pris acte et supprimé Genève-Bâle.

Un mois plus tard, les affaires allant de mal en pis, Helvetic Wings a renoncé aussi à Marseille-Genève, la laissant à Twin Jet, son partenaire français dont les Beechcraft 1900D de 19 places ont desservi la liaison depuis le début des opérations. Aujourd'hui, Twin Jet reste seul maître à bord. Le numéro de téléphone gratuit pour les réservations d'Helvetic Wings répond désormais au nom du transporteur français.

Reste à savoir si Helvetic Wings mettra définitivement la clé sous la paillasson ou aura réussi à convaincre des investisseurs sur la viabilité de son projet à long terme. Il s'agit tout d'abord d'obtenir une autorisation de l'Office fédéral de l'aviation civile pour desservir de nouvelles destinations, en Suisse comme à l'étranger. A l'époque, la société avait affiché l'ambition de relier, au bout de la phase 5 de développement en 2008, La Chaux-de-Fonds, Sion, Lugano, Granges, Saint-Gall, puis Lyon, Valence, Cannes, Bucarest, Sofia, Birmingham, Marbella…