Hervé Falciani dément être l’informateur qui propose 1500 noms de clients de HSBC au fisc allemand. Interrogé par «Le Temps», son avocat, Patrick Rizzo, a catégoriquement réfuté l’information donnée en ce sens par le «Financial Times Deutschland».

«Je ne vois pas pourquoi il monnayerait des informations que le fisc allemand peut avoir gratuitement», commente Patrick Rizzo – une allusion au fait que la France peut transmettre à des pays tiers les données détournées par l’informaticien. Cette éventualité a d’ailleurs été formellement admise la semaine dernière par le gouvernement suisse. L’accord passé avec la France stipule simplement que la Suisse devra être informée de tels transferts.

Le procureur de Nice Eric de Montgolfier, chargé d’une enquête préliminaire pour blanchiment sur les listings HSBC, estime que «si les Allemands veulent ces données, il n’ont qu’à les demander!» Selon lui, Hervé Falciani n’a jamais indiqué, lors de ses interrogatoires, «avoir été en contact avec quiconque d’autre» que le fisc français et les justices française et suisse.

«On est pas dans le cas de figure du Liechtenstein, Hervé Falciani n’est pas un employé qui veut se venger, se faire de l’argent», ajoute Patrick Rizzo, qui affirme que son client va «s’expliquer» prochainement avec les autorités suisses.

Selon «Le Monde», Hervé Falciani aurait adressé, le 8 mars 2008, un courriel aux services secrets allemands, précisant qu’il avait «la liste complète des clients de l’une des cinq plus grandes banques privées, cette banque est basée en Suisse, j’ai aussi l’autorisation d’accès au système d’information». Selon lui, le but était «d’établir un dialogue» afin de contribuer à la lutte contre l’évasion fiscale, mais le contenu du message était mensonger, et il n’aurait jamais possédé la liste en question.