«Les clients allemands doivent trembler», titre l’article du Financial Times Deutschland, qui ne donne pas ses sources, mais affirme que l’informateur qui a proposé ses services au gouvernement allemand contre rétribution est le même que celui qui avait offert des listes de fraudeurs au gouvernement français. Listes que la Suisse a récupérées il y a quelques jours.

Il ne s’agirait donc pas d’une nouvelle affaire de vol de données qui montrerait de nouvelles failles dans le secret bancaire, mais d’une nouvelle tentative de l’ex-informaticien de HSBC en Suisse de rentabiliser le vol des données fiscales volées.

Le Financial Times Deutschland de ce matin donne le chiffre de 1300 fraudeurs allemands potentiels, alors que le chiffre de 1500 avait circulé tout le week-end. Selon le journal, la liste, vendue 2,5 millions d’euros, permettrait au fisc allemand de récupérer plus de 100 millions d’euros.

Interrogé, le porte-parole de HSBC Private Bank à Genève avait indiqué au «Matin Dimanche» hier que cela paraissait «hautement improbable» qu’Hervé Falciani soit responsable de cette nouvelle affaire, car la banque avait peu de clients allemands quand les fichiers ont été pris.

L’affaire fait grand débat en Allemagne, sur la moralité d’un éventuel achat de données volées par le gouvernement. En février 2008, un cas similaire avait provoqué une brouille entre l’Allemagne et le Liechtenstein après que les services secrets allemands ont acheté, pour près de 5 millions d’euros, des données bancaires volées à Vaduz. Le fisc allemand avait pu contrôler près d’un millier de contribuables, dont le patron de la Deutsche Post à l’époque, Klaus Zumwinkel. Il avait été condamné à une peine de prison avec sursis et à un million d’euros d’amende pour évasion fiscale.