Le cimentier Holcim, numéro deux mondial derrière le français Lafarge, a dégagé un bénéfice net stable au 3e trimestre, dans un volume de ventes en forte baisse. Le groupe saint-gallois fait mieux qu’attendu et l’action nominative s’apprécie fortement.

De juillet à septembre, Holcim a dégagé un bénéfice net après minoritaires de 673 millions de francs, stable par rapport au troisième trimestre 2008. Le chiffre d’affaires s’est par contre replié de 17,6% à 5,69 milliards, a indiqué mercredi le groupe.

La demande en matériaux de construction a continué à se contracter en Europe, premier marché du groupe qui représente environ 35% du chiffre d’affaires, à l’exception de la Suisse. De même, la récession pénalise toujours les activités du groupe aux Etats-Unis. Par contre, l’activité de construction s’est accrue en Amérique latine et surtout en Asie (deuxième marché représentant quelque 28% des ventes), entraînée par la Chine et l’Inde.

Le résultat opérationnel avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (EBITDA) s’est contracté au troisième trimestre de 5,9% à 1,47 milliard de francs. Mais le groupe, qui a gagné en efficacité, a vu sa marge opérationnelle s’améliorer de 3,2 points de pourcentage à 25,8%, conséquence de ses efforts d’économies, d’une baisse des prix de l’énergie et de la stabilité des prix sur de nombreux marchés.

Depuis le début de l’année, Holcim a en effet réussi à diminuer ses coûts fixes de 573 millions de francs. «Nous dépasserons notre objectif d’économies de 600 millions de francs sur l’exercice», a déclaré le patron du groupe Markus Akermann, devant la presse à Zurich, sans vouloir donner plus de précisions. Pour répondre à la chute de la demande, le groupe a restructuré en conséquence ses marchés en difficulté. Il a ainsi réduit de 10 millions de tonnes sa capacité de production de ciment, en fermant définitivement ou provisoirement des usines, et abandonné une bonne centaine de sites dédiés aux agrégats et au béton prêt à l’emploi.

Depuis le début de l’année, le groupe a réduit ses effectifs de quelque 7%, à 80 330 employés. Sur douze mois, environ 10 000 postes ont été supprimés, dont une centaine en Suisse, a précisé le chef des finances Theophil Schlatter. Holcim ne fournit pas de prévisions chiffrées sur le reste de l’année. Mais son patron précise que la déconsolidation au Vénézuela (où le secteur du ciment a été nationalisé) et dans les Caraïbes (participation vendue suite à cette mesure) pèseraient sur le chiffre d’affaires à hauteur de 400 millions de francs et de 130 millions sur l’EBITDA.

Plus généralement, Holcim estime que les difficultés du secteur de la construction persisteront encore longtemps en Europe, notamment en Espagne, en Grande-Bretagne et en Europe de l’Est, Russie comprise. En revanche, le groupe se montre plus optimiste pour l’Amérique du Nord, qui devrait se redresser à partir du second semestre 2010, sous l’effet des programmes de relance. La situation est également prometteuse dans la majorité des marchés émergents d’Amérique latine, d’Afrique, du Proche-Orient, d’Asie et d’Océanie. L’acquisition de Cement Australia, dont Holcim détient désormais 75% du capital, apportera également l’an prochain «une solide contribution» dans le compte de résultats.

A la Bourse suisse, l’action s’appréciait fortement. Vers 14h00, la nominative gagnait 5,7% à 73.60 francs.

Les analystes, qui voient leurs attentes dépassées dans l’ensemble, se montrent positifs. «Les résultats sont excellents et nettement meilleurs que la performance de Lafarge au troisième trimestre», note l’analyste de Helvea, tout en relevant ses estimations de résultats pour 2009 et les années suivantes