Ciment

Holcim, une entreprise plus que centenaire

Le cimentier saint-gallois Holcim, qui a annoncé lundi sa fusion avec le groupe français Lafarge, a été fondé le 15 février 1912 à Holderbank (AG) par Adolf Gygi, sous le nom de Fabrique argovienne de ciment Portland

Le cimentier saint-gallois Holcim, qui a annoncé lundi sa fusion avec le groupe français Lafarge, a célébré en 2012 son centième anniversaire. La société a été fondée le 15 février 1912 à Holderbank (AG) par Adolf Gygi, sous le nom de Fabrique argovienne de ciment Portland.

L’entreprise a toutefois entamé sa véritable expansion deux ans plus tard, déjà grâce à une fusion, avec la «Rheintalischen Cementfabrik Rüthi», une société détenue par Ernst Schmidheiny. Le groupe, qui prendra le nom de Holderbank en 1930 pour le conserver jusqu’en 2001, a effectué ses premiers pas à l’étranger dans les années 1920 déjà.

Cette expansion a conduit l’entreprise à réorganiser ses affaires en 1930, avec la création des sociétés holding Holderbank Financière Glaris (HOFI) ainsi que la Société suisse de l’industrie du ciment (Schweizerische Cement-Industrie Gesellschaft (SCI) à Ennenda (GL).

Après le décès d’Ernst Schmidheiny, ses deux fils Ernst junior et Max ont poursuivi son œuvre, se partageant l’héritage. Ils diversifient alors les activités du groupe, ce qui lui permet de survivre à l’effondrement de la demande durant la Seconde Guerre mondiale.

Boom immobilier

Avec le soutien du fils d’Adolf Gygi, Hans Gygi, le cimentier va alors reprendre le cours de son expansion, notamment grâce au boom immobilier des années 1950 en Suisse.

Ayant relativement bien résisté au choc pétrolier de 1973, Holderbank va alors effectuer ses premiers pas en Asie et accélérer son déploiement en Amérique latine. Avec Thomas à la barre, la 3e génération de Schimdheiny préside aux destinées du groupe, qui devient numéro un mondial en 1986.

Les années 1990 et suivantes seront consacrées à l’entrée du groupe sur de nouveaux marchés (Slovaquie, République tchèque, Russie, Argentine, Maroc, Vietnam, Chine, Thaïlande, Indonésie, Malaisie). Holcim va aussi consolider sa position dans les pays dans lesquels il est déjà actif.

Bénéfice en hausse en 2013

En 2013, le cimentier saint-gallois a dégagé un bénéfice net de 1,6 milliard de francs, un bond de 59,3% par rapport à l’exercice précédent. Le groupe doit toutefois composer avec une demande en berne sur certains marchés clés et a vu ses ventes se tasser de 6,8% à 19,72 milliards.

Fin 2013, le groupe employait quelque 71 000 personnes dans environ 70 pays. En Suisse, son effectif s’élevait à 1222 collaborateurs et 49 apprentis.

Lafarge fondé en 1833

De son côté, Lafarge a été fondé en 1833 en Ardèche et devient le plus grand cimentier français en 1947. En 1989, il a notamment acquis le groupe zurichois Cementia. A l’heure actuelle, il se revendique comme numéro un mondial du ciment, numéro deux des granulats et numéro quatre du béton.

Selon des statistiques publiées en décembre par le magazine professionnel «Globalement», Lafarge est actuellement au deuxième rang mondial en termes de capacités de production de ciment, avec 205 millions de tonnes par an, et Holcim arrive troisième à 174 millions de tonnes. La première place est occupée par le chinois Anhui Conch (217 Mt).

En Suisse, Lafarge possède notamment le bureau de négoce de béton Cementia à Zurich. En 2011, la division helvétique d’Holcim avait également repris les usines suisses de production de béton d’Hupfer AG, alors aux mains du groupe français.

Euro fort

En 2013, le groupe français a vu son chiffre d’affaires se contracter de 4% à 15,2 milliards d’euros (18,6 milliards de francs), pénalisé par un euro fort par rapport au dollar et par la dépréciation des monnaies des pays émergents.

Dans ce contexte, Lafarge est tout de même parvenu à dégager un bénéfice net de 601 millions d’euros, contre 365 millions l’année précédente. Fin 2013, il comptait quelque 64 000 collaborateurs dans 62 pays.

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