Honda malmené par le scandale des airbags dangereux

Le constructeur japonais Honda se retrouve malmené par la crise des airbags défectueux, qui frappe son fournisseur nippon Takata. Le groupe, qui a déjà dû rappeler 7,5 millions de ses voitures dans le monde depuis 2008 pour remplacer leurs airbags, potentiellement dangereux, se retrouve soupçonné d’avoir sciemment minimisé la gravité de la dangerosité de certains de ses équipements. Lundi soir, le constructeur a ainsi admis qu’il n’avait pas signalé sur le marché américain, comme il aurait dû le faire, la totalité des accidents impliquant ses véhicules au cours des onze dernières années.

Au total, il aurait négligé de déclarer de manière officielle 1729 cas de décès ou de blessures depuis 2003 «en raison d’erreurs variées». Parmi ces cas, au moins une mort et sept blessures auraient été provoquées par l’explosion violente de la capsule de gaz des airbags de Takata. Honda affirme toutefois qu’il avait tout de même signalé, hors des procédures officielles, ces cas particuliers liés aux équipements Takata à la National Highway Traffic Safety Administration américaine.

Washington se donne les moyens de taxer les pneus chinois

Les producteurs américains de pneus contre-attaquent. Devant la très forte hausse des importations de pneus «made in China», ils ont demandé aux autorités américaines de prendre des mesures contre ce qu’ils considèrent comme du dumping. Lundi soir, Washington est allé dans leur sens: le Département du commerce a publié une première étude préliminaire qui confirme que les pneus chinois bénéficient de subventions gouvernementales, et sont donc vendus à des prix artificiellement bas.

Si ce premier verdict est confirmé l’année prochaine, les autorités américaines taxeraient donc, à l’importation, ces marchandises, à des taux compris entre 18 et 81%. Entre 2011 et 2013, les importations de ces produits ont plus que doublé sur le territoire des Etats-Unis. Au troisième trimestre 2014, Goodyear a d’ailleurs connu une chute de 4% de ses ventes en Amérique du Nord. Les distributeurs de pneus auraient accéléré leurs achats de produits fabriqués en Chine, anticipant la probable instauration de droits de douane.

Sur le Web chinois, la chanson mièvre qui assure la com’de Xi Jinping

Xi Jinping n’aurait pas rêvé mieux. Le président chinois bénéficie actuellement, sur le Web chinois, d’un effet de «buzz» digne des meilleures opérations de propagande. Quatre jeunes musiciens de la province du Henan, au centre du pays, ont composé une chanson à la gloire du chef de l’Etat et de sa femme, qui connaît un succès retentissant. Publiée sur Internet, sous forme de vidéo, le 18 novembre, elle a déjà été visionnée 45 millions de fois. Par sa musique simpliste et démodée, ses paroles naïves et louangeuses, elle a de quoi déconcerter tout observateur extérieur, mais n’en résume pas moins les bons sentiments qu’une partie des classes populaires voue au couple présidentiel. Xi Jinping y est présenté comme «Xi Dada», c’est-à-dire «Oncle Xi», une appellation fréquente en Chine et témoignant de l’affection, tandis que son épouse, Peng Liyuan, très célèbre chanteuse, y est «Peng Mama». Voici le début des paroles: «En Chine, il y a l’Oncle Xi. Il ose se battre contre les gros tigres (c’est-à-dire les hommes puissants et corrompus). Il n’a peur de rien. Dans mes rêves, j’ai envie de le voir». Même tonalité concernant «Peng Mama»: «En Chine, il y a aussi Peng Mama. Je voudrais lui offrir les plus belles fleurs. Je prie pour elle, pour qu’elle rende sa famille heureuse et la nation prospère.» S’ensuit une envolée sur l’amour que se porte le couple présidentiel, comparé à un «conte de fées». Conclusion: «Une nation qui a de l’amour sera plus forte.»

Sur les réseaux sociaux, la vidéo a été «forwardée» massivement. Un succès qui peut s’expliquer, notamment, par la surprise que représente cette proximité nouvelle d’un dirigeant chinois vis-à-vis du peuple. Jusqu’à présent, les officiels de haut niveau avaient des vies totalement secrètes. Xi Jinping fait l’inverse. Il met en scène sa simplicité. Accompagné de caméras, il se déplace dans les rues de Pékin et achète, dans un restaurant populaire, des pains fourrés. Il joue également de l’image de la première dame, ce qui constitue une première. Toutefois, la plupart des commentaires sur Weibo, le «Twitter chinois», sont négatifs, et dénoncent le côté écœurant et mièvre de la chanson. Beaucoup y voient une basse opération de flatterie. «Heureusement que j’ai pris mon petit-déjeuner il y a longtemps», écrit l’un d’eux.

Pékin veut participer aux opérations antiterroristes internationales

D’après le journal de Hongkong South China Morning Post, les autorités chinoises réfléchissent actuellement à une loi antiterroriste qui permettrait notamment aux troupes chinoises d’être envoyées sur des terrains extérieurs afin de participer à des coalitions internationales antiterroristes. Ces déploiements ne seraient possibles qu’à condition d’obtenir l’aval des autres puissances impliquées dans l’opération. Si ce projet mérite d’être remarqué, c’est parce qu’il constitue une inflexion par rapport au sacro-saint principe chinois de non-ingérence à l’étranger.

Une évolution qui s’explique par au moins deux tendances nouvelles. D’une part, la Chine fait face à une activité terroriste croissante sur son propre sol, en raison du séparatisme ouïghour, dans sa région occidentale du Xinjiang. Pékin voit, derrière ce mouvement de plus en plus violent, des connexions étrangères et veut se donner les moyens d’aller les combattre. Peut-être plus fondamentalement encore, l’armée chinoise a identifié sa principale faiblesse: son manque de pratique. Elle a beau progresser extrêmement vite en matière d’armement, elle reste largement inexpérimentée. D’où sa récente participation à des opérations internationales de lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden. Et, désormais, son projet d’être un membre actif dans les coalitions terrestres luttant contre le terrorisme.