Accompagnés par des policiers, des huissiers ont commencé à dégager les lieux occupés par les manifestants démocrates hongkongais aux alentours de la tour Citic, l’un des sites contrôlés depuis des semaines par les étudiants. Ils exécutent ainsi une décision de justice, et ne se sont pas heurtés à la moindre résistance de la part des étudiants qui entendent bien démontrer leur volonté de respecter la loi. Malgré tout, cet épisode apparaît comme le début de la fin pour les démocrates.

Un sondage, hier, a établi qu’une majorité de Hongkongais sont désormais lassés par les blocages: ils sont 67% à souhaiter que les manifestants se retirent de l’intégralité des zones de la ville qu’ils occupent. Il apparaît de plus en plus évident que les autorités vont s’y employer. Elles peuvent également compter sur le fait que le sommet de l’APEC, à Pékin, est terminé. Avant celui-ci, il était fondamental pour Pékin de ne pas prêter le flanc à la critique vis-à-vis des chefs d’Etat étrangers dans sa gestion du dossier. Désormais, le pouvoir central chinois se sent les coudées franches pour reprendre la main et clore au plus vite un épisode politique et diplomatique dont il se serait bien passé.

Le contrat qui valait 1000 milliards du japonais Toray

L’action de Toray Industries, le géant japonais des matériaux composites, s’envole, ce mardi matin, sur la place de Tokyo. A la mi-journée, elle avait déjà gagné près de 3,5%. La veille, les investisseurs s’étaient déjà rués sur le titre de l’industriel qui vient de finaliser un nouveau contrat avec l’avionneur américain Boeing, dont il est déjà l’un des grands fournisseurs. Dans le cadre de ce nouvel accord, qui portera le pacte commercial total entre les deux groupes à plus de 1000 milliards de yens sur dix ans, soit près de 7 milliards d’euros, le plus grand fabricant mondial de fibres de carbone – il détient un tiers du marché mondial – va s’accaparer la fourniture exclusive de tous les éléments en fibres de carbone des futurs 777X.

Ce nouveau contrat estimé à plus de 300 milliards de yens vient s’ajouter aux 700 milliards de yens de commandes signées dans les années 2000 pour la fourniture des composants en fibre de carbone du 787 de Boeing. Les deux groupes se proposent aussi d’accélérer leurs recherches sur les potentialités de ce matériau dont la résistance et la légèreté intéressent des industriels dans de nombreux secteurs. Toray, qui a racheté fin 2013 le groupe Zoltek, s’intéresse notamment à la production de fibres de carbone bon marché pour l’automobile.

Dépression historique du commerce entre la Corée du Sud et le Japon

La Corée du Sud mesure depuis 1966 la santé de son commerce extérieur avec ses plus grands partenaires et jamais elle n’avait enregistré une telle dépression de ses exportations vers le Japon. Selon les derniers calculs de l’Institut national des statistiques (KOSTAT) et du ministère du Commerce, les envois de marchandises «made in Korea» vers l’Archipel n’ont représenté, sur la période allant de janvier à septembre, que 5,7% des exportations totales du pays. En 1973, lorsque la croissance sud-coréenne dépendait grandement des commandes de son voisin nippon, la part des exportations vers le Japon représentait 37% des expéditions totales du pays alors en voie de développement.

Désormais, c’est la Chine qui a supplanté le Japon et les Etats-Unis dans les carnets de commandes des groupes sud-coréens. Sur les neuf premiers mois de 2014, la deuxième puissance économique mondiale a absorbé 25% des exportations sud-coréennes. Si le Japon commande moins de produits sud-coréens, son commerce extérieur perd aussi de sa vitalité dans la péninsule. Sur les trois premiers trimestres, les importations de produits «made in Japan» ne représentent plus que 10,2% des importations totales de la Corée du Sud, soit également le plus bas niveau depuis 1966. Pour expliquer cette dégradation, les experts pointent le froid diplomatique entre les deux nations et la brutale dépréciation du yen face au won qui brouille les termes de l’échange entre les deux pays.

Pas de répit pour la crise immobilière chinoise

En Chine, la déprime immobilière est partout. Partout? Non: une ville résiste à la baisse des prix, Zhengzhou, dans le centre du pays. Mais parmi les 70 villes que les autorités suivent de près au plan immobilier, 69 ont accusé, en octobre, une baisse sur un mois des prix de la pierre. En septembre, déjà, 69 villes avaient connu une situation comparable. En moyenne, les prix dans le neuf sont en baisse de 2,6% sur un an, et de 0,8% sur un mois. A l’évidence, les mesures prises par Pékin pour soutenir le secteur ne payent pas. Dans un contexte incertain, les promoteurs cherchent à écouler leurs stocks et sont obligés de baisser les prix pour y parvenir.

C’est une tendance inquiétante pour Pékin, car l’immobilier est un secteur structurant pour toute l’économie chinoise. D’ailleurs, les symptômes de ralentissement sont désormais généralisés dans la deuxième économie mondiale. Le dernier en date concerne les prêts bancaires: en octobre, les banques n’ont accordé que 548 milliards de yuans de prêts, contre 857 milliards un mois plus tôt. C’est un chiffre très inférieur aux anticipations des économistes. Les banques viennent de publier des résultats trimestriels qui démontrent une forte augmentation de leurs créances douteuses ainsi qu’une contraction de leurs dépôts. Elles ont donc plus de mal à prêter, mais en outre, la demande de crédit semble également relativement faible. Si l’on y ajoute une production industrielle dont la croissance reste faible et des prix à la production désormais en baisse, la plupart des signaux sont au rouge.