Les étudiants et la dynamique de contestation

Si les rangs semblaient un peu plus clairsemés, ce mardi matin, sur les quatre sites de Hongkong occupés, depuis la semaine dernière, par les manifestants pro-démocratiques, les étudiants et les militants assuraient que la dynamique de contestation allait monter en puissance dans les prochaines heures pour atteindre un apogée ce mercredi. Fixant un ultimatum aux autorités de Hongkong, ils exigent que le pouvoir local dénonce, avant ce mercredi – date anniversaire de l’avènement de la République populaire de Chine le 1er octobre 1949 –, la tentative de Pékin d’abolir la démocratie dans la Cité. Le régime communiste a récemment décidé que la population de sa «région administrative spéciale» ne pourrait pas choisir totalement librement le prochain chef de l’exécutif de Hongkong. Si un vote au suffrage universel est autorisé, les candidats soumis au vote auront été préalablement sélectionnés par Pékin qui veut un dirigeant obéissant à son autorité.

Les manifestants exigent par ailleurs la démission rapide de Leung Chun-ying, l’actuel chef de l’exécutif qu’ils accusent d’être aux ordres de Pékin. Mais ce matin, le dirigeant a rejeté cette option et indiqué que le gouvernement chinois ne céderait en aucun cas aux exigences des manifestants. Il a ensuite appelé les manifestants à considérer l’impact de leur mouvement sur la situation économique de leur Cité et à stopper rapidement leur mouvement. Excluant toute souplesse, Pékin avait réagi, lundi, par la voix de la porte-parole du Ministère des affaires étrangères, Hua Chunying, en qualifiant les manifestations d’«actes illégaux qui nuisent à l’Etat de droit et à la sécurité publique».

Les voyants de la conjoncture japonaise presque tous dans le rouge

Le gouvernement japonais a diffusé, ce mardi matin, plusieurs indicateurs économiques qui montrent tous une dégradation de l’activité dans le pays, alors que le gouvernement de Shinzo Abe doit bientôt décider s’il va tenir sa promesse de hausse de la TVA. En août, la production industrielle s’est ainsi repliée de 1,5% sur un mois et le ministère de l’industrie a reconnu qu’il anticipait une poursuite de cette tendance baissière. Les entreprises, qui ont encore souffert en août d’une chute, en glissement annuel, de 4,7% des dépenses des ménages, redoutent une longue dépression de la consommation dans l’Archipel et réduisent leurs cadences pour faire baisser les stocks chez les distributeurs et dans les concessionnaires des grandes marques automobiles. Déjà frappées par la hausse des prix, liée au renchérissement des importations provoqué par la baisse du yen, les familles ont considérablement réduit leurs achats après la hausse en avril dernier de la TVA.

Peu semblent croire à une amélioration rapide de leur pouvoir d’achat. Mesuré à 3,5%, le taux de chômage est à son plus bas niveau des 16 dernières années mais cette situation de plein emploi ne profite toujours pas aux salariés, qui pourraient, en théorie, exiger des revenus un peu plus généreux. Le mois dernier, les salaires réels dans le pays ont encore reculé de 2,6%, sur un an. Le gouvernement de Shinzo Abe, qui peine à mettre en place les grandes réformes structurelles promises dans le cadre des «Abenomics», se retrouve face à un dilemme. Il se doit d’augmenter une nouvelle fois la TVA en octobre 2015 pour entamer un redressement de ses finances publiques mais redoute de déprimer pour de longs trimestres une consommation qui, avec des exportations en berne, porte toujours l’essentiel de la croissance nippone.

Hyundai négocie la fin du bras de fer avec ses employés

A l’issue de quatre mois de laborieuses négociations, Hyundai Motor et le syndicat représentant ses salariés sud-coréens se sont entendus, lundi soir, sur le niveau des futures hausses de salaire au sein du groupe. L’accord sera soumis mercredi à un vote des ouvriers. Chaque année, ces discussions salariales donnent lieu à un long bras de fer au cours duquel les employés multiplient les débrayages partiels pour perturber la production et presser la direction d’accepter rapidement leurs revendications. Des grèves de ce type ont ainsi été organisées sur 23 des 27 dernières années.

Cette année, le syndicat et ses 47 000 adhérents – sur 60 000 salariés – qui participaient aux débrayages ont été particulièrement remontés par l’annonce, à la mi-septembre, de l’acquisition par la direction d’un gigantesque terrain du centre de Séoul pour un montant de 8 milliards d’euros. Pour obtenir la fin des débrayages, qui lui aurait coûté 330 milliards de yens (246 millions d’euros) en retard de production, Hyundai a accepté de céder de nouveaux bonus ainsi qu’une hausse du salaire de base de 98.000 wons (73 euros). La conclusion des négociations chez Hyundai devrait accélérer les pourparlers avec les représentants syndicat du personnel de Kia, l’autre marque du constructeur sud-coréen.

Kim Jong-un, les pieds dans le plâtre

Les services de renseignement sud-coréens tentent toujours de localiser Kim Jong-un, le jeune dirigeant de la Corée du Nord et de comprendre les raisons de sa mystérieuse absence. Il n’a plus été mis en scène dans les médias d’Etat, qui alimentent quotidiennement la propagande du régime, depuis le 3 septembre. Ce matin, le Chosun Ilbo croit savoir que Kim Jong-un aurait été repéré dans la «Bonghwa Clinic», un hôpital de Pyongyang réservé aux élites du Parti des travailleurs de Corée, la formation politique dirigeant la dictature. De nombreux dignitaires du régime auraient été aperçus, ces derniers jours, entrant et sortant de la clinique. Kim Jong-un y serait soigné pour des fractures aux deux chevilles. Ces blessures, qui peuvent nécessiter la pose de plâtres, auraient été provoquées par l’intensité de ces visites de sites au cours de l’été et auraient été favorisées par le surpoids du dirigeant âgé d’à peine 31 ans.