Confrontées à un lourd dilemme politique, les autorités de Pékin auraient décidé, selon les agences de presse, de gagner du temps dans le conflit qui les oppose aux manifestants pro-démocratiques de Hongkong. Ayant adopté depuis son arrivée au pouvoir une posture de grande fermeté et d’intransigeance face à toutes les formes de contestation de l’autorité du Parti communiste, le président chinois Xi Jinping ne peut céder aux exigences des centaines de milliers de personnes encore réunies, ce matin, sur les grandes avenues de Hongkong pour réclamer l’instauration d’un suffrage universel complet dans la Cité. La population, qui n’a jamais pu désigner librement son exécutif, pensait pouvoir choisir son dirigeant à partir de 2017, mais le pouvoir chinois a annoncé fin août que seuls les candidats qu’il aura préalablement sélectionnés pourront se présenter devant les électeurs hongkongais. S’il refuse de revoir cette décision, Xi Jinping ne peut pas non plus imposer à Hongkong la même sévérité qu’il applique aux autres formes de dissidence sur le territoire chinois. Une intervention violente risque en effet de ternir la réputation de la région administrative, qui bénéficie d’un système légal distinct de celui de la Chine et reste un centre financier crucial pour les entreprises chinoises, et notamment ses géants du secteur public. Selon les agences Reuters et Dow Jones, Pékin aurait dès lors décidé de renoncer, pour le moment, à toute répression violente des manifestations et se préparerait à laisser s’essouffler le mouvement mené par des étudiants et des organisations de défense de la démocratie. Pékin aurait, selon Reuters, ordonné à Leung Chun-ying, l’actuel chef de l’exécutif hongkongais, de «ne pas ouvrir le feu et de trouver une issue pacifique» au conflit. Le dirigeant aurait depuis proposé un entretien aux représentants des manifestants mais ces derniers, qui réclament sa démission immédiate, auraient refusé. Cherchant à éviter un enlisement du conflit qui risquerait de braquer les millions d’habitants non impliqués dans le mouvement, les leaders de la contestation ont assuré qu’ils prendraient de nouvelles initiatives dès ce jeudi soir si Leung Chun-ying était maintenu à son poste. Les manifestants pourraient notamment décider d’occuper à partir de demain plusieurs bâtiments gouvernementaux de la ville.

Des Asiatiques bradent à 2 dollars une mine de charbon achetée 900 millions

Les deux propriétaires asiatiques du groupe minier canadien Grande Cache Coal vont céder au prix de 2 dollars l’entreprise qu’ils avaient achetée il y a deux ans pour un montant de 900 millions de dollars. Le groupe hongkongais Up Energy Development a annoncé qu’il avait signé un protocole d’accord encadrant cette transaction avec les actuels propriétaires, la maison de négoce japonaise Marubeni et le hongkongais Winsway Enterprises Holdings Ltd. En 2012, lorsqu’ils avaient investi dans la société canadienne qui exploite une mine de charbon métallurgique dans la ville de Grande Cache, dans l’Alberta, les deux groupes asiatiques anticipaient un maintien à un haut niveau des prix portés, à l’époque, par une poussée de la demande des sidérurgistes chinois. Ils estimaient alors que le coût de l’extraction, évalué à Grande Cache à 150 dollars par tonne, resterait longtemps rentable. Un peu avant leur investissement, le prix de la tonne de charbon métallurgique avait d’ailleurs atteint les 300 dollars. Mais depuis, les cours, inquiets du manque de dynamisme de la demande chinoise, ont plongé de plus de 60% pour retomber à 120 dollars la tonne. Et bouleversé les plans des investisseurs asiatiques. Dans le cadre des négociations avec Up Energy Development, Marubeni et Winsway Enterprises pourraient toutefois conserver des parts minoritaires au sein du groupe canadien.

Duel sino-japonais pour reprendre la branche ferroviaire de Finmeccanica

Le groupe italien Finmeccanica devrait dévoiler dans les prochains jours le nom du repreneur de l’ensemble de ses activités ferroviaires. Confirmant des informations parues dans la presse italienne, le Nikkei assure ce matin que seuls le groupe japonais Hitachi et le chinois CNR sont encore en lice pour racheter le fabricant de trains AnsaldoBreda, qui reste déficitaire, mais surtout le plus rentable Ansaldo STS, un spécialiste de la signalisation ferroviaire dont Finmeccanica possède 40%. Le français Thales et le canadien Bombardier, qui avaient déposé des offres, ont été écartés de la phase finale de sélection. Selon le Nikkei, le groupe public chinois serait décidé à faire une offre très généreuse pour emporter la société italienne. Une somme supérieure à 900 millions de dollars aurait été évoquée. Mais Hitachi serait aussi extrêmement motivé. L’entreprise japonaise avait tenté de racheter le groupe italien en 2012 dans le cadre de tractations bilatérales mais n’avait pu s’entendre avec la direction de Finmeccanica sur le volet emploi du processus de reprise.