Le principe «un pays, deux systèmes» a été un des thèmes récurrents d’une présentation organisée jeudi à Zurich par InvestHK, l’agence de promotion des investissements pour la région administrative spéciale de Hongkong.

La délégation, qui a effectué une tournée de trois jours en Suisse, y compris à Genève et Lugano, a insisté sur l’importance de Hongkong en tant que plateforme offshore pour le renminbi, la monnaie chinoise. Si la monnaie chinoise devient davantage convertible, dans quel sens les transactions seront-elles surtout effectuées? «Dans les deux sens», est convaincu le professeur K.C. Chan, secrétaire des Services financiers et du Trésor du gouvernement de Hongkong. «Davantage de personnes investiront en Chine, soit de manière directe ou via Hongkong. Les Chinois investiront aussi toujours plus à l’étranger, soit directement, par exemple en rachetant des entreprises, ou par le biais de portefeuilles.» Qu’en est-il des fuites de capitaux? «Le marché des capitaux en Chine ne va pas s’ouvrir complètement d’un jour à l’autre, mais de manière graduelle», relativise-t-il.

Le nouveau gouvernement chinois va poursuivre la politique menée jusqu’à présent, estime le professeur. Il est aussi convaincu que l’indépendance de la Région administrative spéciale de Hongkong sera garantie à l’avenir.

Les quelque 150 participants présents jeudi à Zurich, en grande partie des banquiers, se sont, eux, surtout intéressés au potentiel de Hongkong pour la gestion de fortune. Edmond Lau, directeur exécutif auprès de l’Autorité monétaire de Hongkong, a souligné qu’il y a 50 nouveaux milliardaires en Chine par an. Pour Josef Stadler, directeur des activités pour la clientèle ultra-riche («UHNWI») chez UBS, il faut tenir compte des exigences particulières de cette catégorie de clients: «Ces clients savent mieux que les banquiers comment investir. Ils ne veulent pas recevoir des conseils mais surtout bénéficier d’une infrastructure de première qualité.»

Bonne image de la Suisse

Selon K.C. Chan, «la marque suisse conserve une bonne réputation dans la gestion de fortune». Mais les banques doivent s’adapter à ce marché. «En Europe, la clientèle fortunée veut d’abord préserver son capital. L’Asie se trouve, elle, encore en phase de création de richesse. Les clients veulent prendre eux-mêmes des décisions d’investissement.»

Hongkong redoute-elle la concurrence de Singapour? Hongkong a deux atouts, estime le professeur: d’une part, la ville est connectée plus étroitement avec son grand voisin. D’autre part, Hongkong est un marché beaucoup plus grand que Singapour en termes de levée de capitaux, qu’il s’agisse d’emprunts ou d’actions. Quant au ralentissement du nombre de sociétés introduites en bourse à Hongkong en 2012, il estime que cette tendance s’inscrit dans un «phénomène global».