Florence*, médecin, deux enfants, une fille de 3 ans et un bébé.Dans la famille de Florence, il n'y a aucune tradition d'enseignement privé; le «privé» est même entaché d'une aura sulfureuse, un «truc pour gosse de riches». Elle-même a suivi tout son cursus de manière très traditionnelle dans l'école publique vaudoise.

Aujourd'hui pourtant, Florence se demande si elle ne va pas franchir le pas pour ses enfants. Pour sa fille de 3ans, dans un premier temps, car celle-ci commencera l'école l'année prochaine. «Je commence déjà à me renseigner car il faut s'inscrire très en avance tant les établissements sont pris d'assaut.»

Deux raisons principales poussent la jeune mère, médecin de profession, comme son mari, à penser au privé: «EVM, l'Ecole vaudoise en mutation, d'abord, qui pour moi, ne donne pas d'assez bons résultats. On est dans le flou, cela m'inquiète. Je préfère miser sur un enseignement plus classique, qui donnera des bases solides à mes enfants.»

Deuxième point: les horaires continus que proposent les établissements privés, souvent assortis d'une offre d'activités extrascolaires après les cours. «Je travaille à plein temps, cela me facilitera grandement la vie! Les horaires de l'école publique sont faits pour les mamans à la maison qui peuvent préparer le repas de midi, aller chercher leurs enfants et les ramener à l'école. Mais même pour elles, ce n'est pas facile avec les horaires différents selon les âges des enfants. Il est difficile de faire autre chose que des allers et retours à l'école.»

Malgré cela, Florence n'est pas encore une adepte totale du privé: «Le côté ghetto m'ennuie un peu. Pour l'instant, mon idée est de les mettre en école privée quand ils seront petits, pour les premières années, pour façonner un socle de connaissances solides. Puis je les remettrai dans le système public en 5e année.»

* Prénom fictif