Fin février, la société genevoise Silverwire ne cachait plus sa volonté d'entrer en Bourse cette année encore. C'était le plan A imaginé par la société spécialisée dans les logiciels pour la photographie numérique. Mais c'est le plan B qui s'est réalisé, à savoir celui d'une vente. L'acheteur dévoilé mardi: le géant américain Hewlett-Packard, dont l'ambition est clairement de devenir le leader mondial de la photographie numérique.

«C'est un compliment qu'une société de cette envergure se soit intéressée à nous, estime Alan Tawil-Kummerman, un des fondateurs de Silverwire aujourd'hui président du conseil d'administration. C'est surtout une fantastique façon d'assurer la pérennité de la société.» Le montant de la transaction n'a pas été dévoilé.

Plus de 23000 kiosques

Grâce à la récente acquisition de la société britannique Axiom, la PME compte plus de 23000 points kiosques (à l'instar des bornes que l'on trouve à la Migros) à travers plus de 30 pays. Avec ses 80 collaborateurs, elle offre ses logiciels aux laboratoires pour gérer les commandes. Elle propose également des solutions pour le Web et développe des services pour téléphones mobiles. Fuji, Kodak et d'autres grands noms de la photo figurent parmi ses clients. Des clients dont on ne connaît pas encore la réaction suite à ce rachat par «leur» concurrent direct, HP.

«La technologie de Silverwire était au cœur de l'activité d'HP, poursuit Olivier Tavel, fondateur de la société de capital-risque Vinci Capital, qui a investi plus de 5 millions de francs dans la société, par le biais des fonds Minicap et Renaissance. Nous sommes entrés dans la société en 1998 déjà en prenant le pari que la photographie numérique allait s'imposer et que l'impression à la maison ne deviendrait pas dominante, les gens ayant pris l'habitude de s'adresser aux laboratoires.»

Le pari n'était pas gagné d'avance. Silverwire a connu toutes les étapes d'une start-up - avec ses hauts et ses crises - mais a réussi à maintenir le cap, notamment grâce à Alan Tawil-Kummerman, appelé à la rescousse dans les moments difficiles. Rentable, elle table cette année sur un chiffre d'affaires de 15 millions de francs.

L'intégration de Silverwire dans la division Imagerie et Impression du groupe américain devrait rester sans conséquence sur les emplois. Le site de production sera maintenu à Genève.