Non seulement le groupe britannique n'a pas eu besoin de demander une aide financière de l'Etat, mais il a pu mettre à disposition 4 milliards de livres sur le marché interbancaire. En bourse, la première banque au monde par le bilan fait partie des rares valeurs bancaires à échapper à la casse générale sur le secteur: -7,5% depuis le début de l'année, contre -52,7% pour l'indice Bloomberg des bancaires européennes.

Et pourtant, la crise des «subprime» avait mal débuté pour HSBC. En mars 2007, le groupe a été le premier à parler de pertes sur des hypothèques de mauvaise qualité aux Etats-Unis. A ce jour, avec 27,4 milliards de dollars, il est 6e au classement des pertes, ex aequo avec Bank of America et un rang derrière UBS. Au premier semestre, le bénéfice net s'est replié de 29% à 7,7 milliards, mais les revenus ont progressé de 2% à 42,9 milliards de dollars.

Surtout, HSBC reste un des établissements bancaires les mieux capitalisés au monde. Sa stabilité et sa stature mondiale - des activités dans 85 pays - en feront un des gagnants de la crise actuelle. D'ailleurs, le groupe fait partie de ceux qui bénéficient d'un afflux d'argent dans la gestion de fortune, notamment sur la place genevoise.

Mais la croissance à tout prix n'est pas un objectif du président Stephen Green. Celui-ci n'envisagerait des acquisitions que sur les marchés émergents, d'où le groupe tire 75% de ses profits. A court terme, c'est peut-être son talon d'Achille. Un ralentissement très marqué de ces économies laisserait des traces dans les comptes. Mais, à long terme, ce positionnement dans les régions qui créeront le plus de richesse dans les décennies à venir est un avantage.