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HSBC cède 12 milliards d’actifs «éclectiques» en Suisse à LGT

La banque britannique poursuit sa mue en cédant un portefeuille de petits et grands clients. Septante employés sont concernés. Ils devraient conserver leur poste

HSBC cède 12 milliards de francs d’actifs «éclectiques» à LGT

Gestion La banque britannique poursuit sa mue en cédant un portefeuille de petits et grands clients

Septante employés sont concernés. Ils devraient conserver leurs postes

Après plusieurs mois de spéculations diverses, la banque HSBC Private Bank (Suisse) a finalement mis fin aux rumeurs mardi. Elle a annoncé avoir conclu la vente d’un portefeuille – avec une masse sous gestion de 12,5 milliards de dollars (environ 11,1 milliards de francs, soit un peu plus que les avoirs confiés à la banque Bordier) – à la filiale suisse du groupe LGT, la banque de la maison princière du Liechtenstein. HSBC cède ainsi un septième de sa masse sous gestion en Suisse tandis que LGT Bank (Suisse) fait progresser la sienne d’une bonne moitié. La transaction, qui doit encore recevoir l’aval des autorités de la concurrence, devrait être conclue durant le dernier trimestre de 2014.

En janvier, l’agence financière Bloomberg avait annoncé que la banque mettait un portefeuille d’une valeur de 15 milliards de dollars en vente. Une différence qui s’explique sans doute parce que certains clients «ont quitté la banque depuis, ou parce que LGT n’en a pas voulu, peut-être pour des raisons de non conformité fiscale», avance une personne qui a pu avoir accès au dossier. Pourquoi HSBC se sépare-t-elle de ces actifs? «Cette clientèle n’est pas en relation d’affaires avec le reste du groupe, poursuit cette même source. En outre, elle est très éclectique, composée à la fois de grandes fortunes et de personnes bien moins riches.»

Aux yeux des observateurs, le nom du repreneur ne surprend pas. «LGT est en croissance depuis qu’elle a surmonté la crise de 2008. Elle gère plus de 120 milliards de francs au niveau du groupe. En Suisse, elle appartient aux grands de la gestion de fortune, explique un gérant genevois. Aujourd’hui, un portefeuille de clients non déclarés ne vaut rien. S’il est blanchi, en revanche, les ratios vont de 1 à 2% de la masse sous gestion. On peut imaginer que LGT a dû verser près de 100 millions de francs; elle en a les moyens.» Les banques n’ont pas voulu communiquer les détails de la transaction.

La vente représente la seconde – et dernière – étape du repositionnement stratégique de HSBC Private Bank (Suisse). Comme le rappelle la banque, «la première, mise en œuvre ces trois dernières années, consistait à repenser tous nos processus pour mettre en œuvre de hauts standards, notamment fiscaux, dans le fonctionnement de la banque». Aujourd’hui, elle peut donc «se concentrer sur ses marchés stratégiques» qui sont entre autres certaines régions d’Amérique latine (Brésil, Argentine, Mexique…) ou encore le Moyen-Orient.

La Suisse reste toutefois au cœur de la stratégie de HSBC, soutient le porte-parole: «Nous investissons toujours de grands moyens dans le pays, qu’il s’agisse de l’acquisition de notre nouveau système informatique Avaloq ou, plus récemment, de la rénovation de notre immeuble au quai des Bergues à Genève. La Suisse reste l’un de nos marchés clés.» Un marché qui, au 31 décembre dernier, comptait des actifs sous gestion à hauteur de 75 milliards de francs pour 1400 employés.

Septante d’entre eux sont concernés par la transaction, a précisé LGT; 25 sont basés à Genève, les autres à Lugano et Zurich. Ils rejoindront le bâtiment que la banque rénove au quai du Mont-Blanc à Genève. «C’est une coïncidence si les travaux doivent également se terminer à la fin de l’année 2014», assure un porte-parole de LGT joint à Vaduz. La filiale suisse de l’établissement gérait quelque 21 milliards de francs d’actifs fin 2013.

«On peut imaginer que LGT a dû verser près de 100  millions de francs; elle en a les moyens», selon un expert

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