La banque privée HSBC Guyerzeller, basée à Genève avec des filiales à Zurich, Lugano, Istanbul et Hongkong, a réalisé en 2004 un bénéfice après impôts de 57 millions de francs, en augmentation de 12%. «Cela prouve que le doublement de notre bénéfice en 2003, résultat de la stratégie mise en place ces dernières années, n'avait rien d'exceptionnel», commente Ilan Hayim, directeur de l'établissement.

Dans des marchés qualifiés de «difficiles», des volumes de transactions réduits au troisième trimestre et malgré une baisse du dollar qui a affecté près d'un tiers du volume d'affaires, la gestion de patrimoine, principale source de revenus de HSBC Guyerzeller, a dégagé un profit de 160 millions de francs (+2%). Le ratio coûts/revenus se situe à 67%, l'objectif étant de l'abaisser encore de deux points. Les effectifs sont stables, à 370 personnes, mais la composition s'est modifiée au profit des équipes en contact direct avec la clientèle. Les fonds propres ont augmenté de 5,3%, à 436 millions de francs.

Marché dynamique en Turquie

La masse sous gestion passe de 20 milliards à près de 21 milliards de francs. «Nous avons gardé à peu près le même nombre de clients qu'avant la fusion avec CCF (Suisse) et Handelsfinanz-CCF – soit environ 9000 –, mais les actifs sous gestion ont progressé d'un quart en quelques années, ce qui représente aujourd'hui une moyenne supérieure à 2 millions par client, conforme à notre positionnement», précise Ilan Hayim. Les marchés les plus dynamiques ont été ceux d'Extrême-Orient, d'Amérique latine et de Turquie. La banque a également engagé une nouvelle équipe pour développer ses activités on shore à Genève et à Zurich (LT du 20.10.2004).

A priori, il peut paraître étonnant d'investir dans ce marché déjà surbancarisé. «Le client suisse ne cherche pas seulement à préserver et faire fructifier son patrimoine. S'il veut diversifier ses affaires en Chine par exemple, nous lui offrons le réseau très dense de HSBC. Dans un cas récent au moins, cet argument a été décisif, répond Ilan Hayim. Sur le plan de la gestion, par ailleurs, la seule façon de faire de la performance est d'avoir une exposition sur les marchés émergents. Et là, le groupe bénéficie d'une expertise extraordinaire.»

HSBC Guyerzeller a fermé l'an dernier sa filiale des îles Vierges, la plupart des clients acceptant de transférer leurs comptes en Suisse. «J'ai vécu cela comme une promotion de la place financière helvétique, dit Ilan Hayim, comme le signe en tout cas que le cadre maintenant défini avec l'Union européenne convainc la clientèle.»