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HSBC fait le ménage suite au scandale des frères blanchisseurs

L’antenne genevoise de la banque a fermé son équipe «Méditerranée Israël»

HSBC réagit à l’affaire des frères blanchisseurs

Restructuration L’antenne genevoise de la banque a fermé son bureau «Méditerranée Israël»

«Nous avons le regret de vous informer que la banque souhaite procéder à la clôture de [votre] compte dans un délai de trente jours», écrit HSBC Private Bank (Suisse) dans un courrier adressé à plusieurs de ses clients le 6 juin. Sans instruction de ces derniers, «ce processus peut inclure la liquidation de vos actifs […] et soit l’envoi à votre adresse d’un chèque correspondant au solde de votre compte […] soit la mise à disposition dudit chèque auprès de la banque», poursuit la missive.

Contacté par Le Temps, un destinataire de cette lettre précise que «trois ou quatre de ses interlocuteurs habituels au sein de l’établissement ont été licenciés séance tenante» il y a peu. Ses avoirs – comme ceux des autres clients ayant reçu ce courrier – faisaient partie du portefeuille «Médis» (Méditerranée et Israël), que la banque, contactée jeudi, indique avoir décidé de «restructurer». Un proche de cet établissement, qui gérait 171 milliards de dollars fin 2012, précise de son côté que cette équipe, constituée d’une quinzaine de collaborateurs, gérait «plus de 8 milliards de francs». «Effectivement, cette division va sauter», ajoute un autre banquier dont l’un des clients, disposant de plusieurs millions auprès de HSBC, s’est lui aussi vu prié de partir.

Jointe hier, HSBC Private Bank (Suisse) précise avoir entrepris une «revue stratégique des affaires anciennement appelées «méditerranéennes» à Genève». Sa conclusion? «La sortie – mais non la vente – de la plus grande part de ces affaires spécifiques», précise un porte-parole. Qui insiste sur le fait que l’établissement «continue de desservir les marchés concernés, comme Israël et la Turquie».

Six mois de prison ferme

Selon une source interne, la fermeture de cette équipe serait liée à un scandale de blanchiment – en lien avec un trafic de cannabis dans les banlieues françaises – ayant défrayé la chronique l’automne dernier. Le présumé cerveau de cette affaire, Meyer Elmaleh, un gérant de fortune indépendant établi à Genève, a écopé de 6 mois de prison ferme. «J’assume mes responsabilités, je n’ai donc pas à me cacher», déclarait-il il y a quelques jours dans la Tribune de Genève. Deux de ses frères travaillaient au sein de HSBC à Genève à l’époque des faits. L’un, gestionnaire au sein de l’équipe «Médis», a également été condamné dans le cadre de cette affaire.

L’autre, ancien membre du comité exécutif – HSBC le présente comme le «responsable d’une partie de ces affaires nommées méditerranéennes» à son départ –, n’a pas été inquiété par la justice genevoise. Il a «décidé de quitter la banque l’an dernier», selon HSBC. Un ex-employé de l’institution précise que ce responsable avait «quitté la Suisse quelques jours avant l’éclatement du scandale».

Faut-il voir un lien entre ce scandale et ce remaniement chez HSBC? «Les investigations internes menées à la suite de cas individuels impliquant des anciens employés ont contribué, en marge de la revue stratégique, à la décision de restructurer cette partie du portefeuille», répond la banque. L’un des clients poussés à partir se souvient de son côté d’un appel de son gérant. D’une ligne privée, il lui avait expliqué comment tous les clients «sous la juridiction de ce cadre de la banque», dont les frères avaient été impliqués dans l’affaire, «étaient chassés de la même façon».

La dissolution de cette équipe «Médis» intervient après une vague de départ de cadres rapportée par Inside Paradeplatz. Le 15 mai, Stuart Gulliver, grand patron du groupe HSBC, a pourtant martelé, lors d’un point avec ses actionnaires, qu’il n’était pas question «de vendre la banque privée suisse».

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