La banque britannique HSBC a annoncé lundi avoir plus que doublé ses profits l’an dernier, grâce à une chute des provisions pour risques de crédit, mais sans satisfaire les investisseurs, qui s’attendaient à des résultats encore plus brillants.

La banque a indiqué dans un communiqué avoir engrangé un bénéfice net part du groupe de 13,2 milliards de dollars en 2010, contre 5,8 milliards l’année précédente, pour un produit net bancaire (équivalent du chiffre d’affaires pour le secteur) en hausse de 3,1% à 68,3 milliards.

Cette envolée spectaculaire du résultat net s’explique principalement par l’effondrement des charges pour dépréciations pour risques de crédit, qui ont fondu de 47% à 14 milliards, tombant ainsi à leur plus bas niveau depuis 2006, avant l’éclatement de la crise des «subprime» (prêts immobiliers hypothécaires risqués) aux Etats-Unis.

Concernant les perspectives, le nouveau directeur général du groupe Stuart Gulliver, qui a succédé en début d’année à Michael Geoghegan, a assuré que HSBC bénéficiait d’«un début d’année satisfaisant, l’activité de prêt restant dynamique, principalement sur les marchés émergents et en ligne avec le niveau des échanges mondiaux».

Cependant, la banque s’est montrée prudente pour la conjoncture mondiale, soulignant qu’«à court terme, des risques continuent de peser sur la croissance mondiale, à commencer par celui posé par le cours élevé du pétrole».

Ces résultats ont été mal accueillis par les investisseurs, qui s’attendaient à encore mieux, et ont sanctionné lourdement l’action de la banque, qui chutait de 4,49% à 679,3 pence vers 11h00 GMT.

Par ailleurs, ils se sont inquiétés d’une révision à la baisse des prévisions de rentabilité du groupe: HSBC a en effet revu à la baisse son objectif de rendement sur fonds propres, le ramenant entre 12 et 15% contre 15 à 18% précédemment, en raison des nouvelles exigences de fonds propres entraînées par la réglementation dite de Bâle III.

«Tant les performances que les prévisions sont ressorties en dessous des attentes des investisseurs», a résumé Richard Hunter, de la maison de courtage Hargreaves Lansdown.

Enfin, HSBC a détaillé, dans un communiqué séparé, les primes annuelles versées à ses principaux cadres dirigeants. M. Gulliver, qui dirigeait jusqu’à l’an dernier la division de banque d’investissement, a reçu un bonus de 5,2 millions de livres, payable entièrement en actions, lui donnant une rémunération totale annuelle de 6,2 millions (soit environ 7,3 millions d’euros).

Quant à son prédécesseur Michael Geoghegan, qui a quitté la direction générale de la banque l’an dernier après une lutte de pouvoir qui a tourné en sa défaveur, il a reçu en tout 5,8 millions de livres dont un bonus de 3,8 millions.