«Ce vol de fichiers perpétré par un collaborateur du service informatique il y a trois ans environ, pourrait toucher quelque 15’000 clients existants», a déclaré à Genève le patron de HSBC Private Bank (Suisse), Alexandre Zeller, faisant allusion à Hervé Falciani. Les comptes concernés ont été ouverts en Suisse avant octobre 2006.

«Nous regrettons profondément cette situation et présentons nos excuses les plus sincères à tous les clients qui pourraient voir leur confidentialité menacée», a poursuivi M. Zeller. «Nous sommes déterminés à protéger leurs intérêts et mettons tout en œuvre pour y parvenir. C’est dans ce sens que nous contactons activement tous nos clients dont les comptes sont ouverts en Suisse», a-t-il expliqué.

Un total de 24’000 comptes ouverts en Suisse avant octobre 2006 sont affectés, mais 9000 de leurs détenteurs ont aujourd’hui quitté la banque, a précisé M. Zeller. «Les données clients des succursales de la banque situées en-dehors de Suisse, qui fonctionnent avec des systèmes informatiques et de sécurité distincts, ne sont pas concernées, de même que celles provenant d’autres entités du groupe HSBC», a-t-il ajouté.

Aux mains du fisc français Le fisc français s’est emparé l’année dernière des fichiers de clients en possession d’Hervé Falciani, un ancien informaticien franco-italien de la banque HSBC. Selon M. Falciani, les données ont permis aux autorités françaises de dresser une liste de 3000 contribuables fraudeurs.

Dans un communiqué, HSBC Private Bank estime que les données volées, dont les autorités fédérales ont remis une copie à la banque, «ne permettent pas et ne permettront pas à des tiers d’avoir accès à des comptes». Le vol ne concerne pas les ex-comptes de HSBC Guyerzeller Bank, avec laquelle l’établissement a fusionné l’an passé.

Les autorités fédérales ont confirmé à la banque qu’elles ne soutiendraient pas l’utilisation des données volées pour répondre à des demandes de renseignement provenant de l’étranger, écrit HSBC Private Bank. La France a pour sa part informé Berne que les documents en sa possession «ne seraient pas utilisés de manière inappropriée».

Reflux de fonds Dans un tel contexte difficile pour la gestion de fortune, la banque a affiché une bonne résistance. Son résultat avant impôt a grimpé à un montant record de 828 millions de francs, soit 2% de plus qu’un an auparavant. Le bénéfice net s’est élevé à 703 millions de francs, en hausse de 3%.

Reste que HSBC Private Bank (Suisse) a dû faire face à un reflux net de capitaux de 4,1 milliards de francs. L’afflux net de fonds de 5,4 milliards provenant des clients privés a été contrebalancé par les rachats de fonds de hedge funds ainsi que par la retenue adoptée en matière de rémunération des dépôts, l’établissement ayant décidé de ne pas rivaliser avec les taux pratiqués par certains concurrents au bénéfice de soutien public.

La fusion entre HSBC Private Bank (Suisse) et HSBC Guyerzeller Bank, deux entités aux métiers identiques, a aussi entraîné des sorties de capitaux. Toutefois, les actifs sous gestion se sont envolés de 24% par rapport à 2008 à 189 milliards de francs, à la faveur du rebond des marchés financiers et de nouveaux produits visant à répondre à l’appétit pour le risque des clients.

A fin décembre, l’établissement employait au total 3046 collaborateurs, dont 1375 à Genève, 358 à Zurich et 41 à Lugano. Un an auparavant l’effectif se montait à 2800 salariés. Conformément à l’objectif d’accroître sa présence sur le marché suisse, HSBC Private Bank (Suisse) ouvrira cette année une nouvelle succursale dans la station bernoise de Gstaad.