Horlogerie

Hublot duplique son site de production

La marque sise à Nyon a inauguré Hublot 2 devant une foule de 300 invités mardi. Ce nouveau bâtiment doit lui permettre de mieux gérer sa croissance. Les ventes de l’entreprise devraient avoir dépassé le demi-milliard de francs cette année

Hublot duplique son site de production

Horlogerie La marque sise à Nyona inauguré Hublot 2 devant une foulede 300 invités

Les ventes devraient franchir la barredu demi-milliardde francs cette année

Le même logo en bordure d’autoroute. La même couleur anthracite, la même silhouette et les mêmes trois étages. Hublot voit double. Six ans après avoir investi son premier site de production à Nyon, la marque a inauguré mardi un deuxième bâtiment, baptisé Hublot 2.

Quelque 300 personnes, des représentants des médias et des clients du monde entier, des responsables politiques locaux et quelques ambassadeurs, dont Pelé, avaient été invités à cette démonstration de force. Car à l’heure où l’horlogerie suisse est en proie à quelques doutes, notamment en raison de la baisse de la dynamique en Asie, Hublot affiche sa pleine santé.

En 2004, lorsque Jean-Claude Biver et Ricardo Guadalupe, aujourd’hui respectivement président et directeur général, avaient repris les rênes de la marque fondée dans les années 1980, les ventes atteignaient 24 millions de francs. En 2007, dernier exercice avant que ses résultats soient consolidés dans les comptes de son propriétaire, le groupe français LVMH, le chiffre d’affaires avait gonflé à 150 millions de francs.

Soutenue par une activité marketing surtout axée sur les stars du football, du basket ou du sprinter Usain Bolt, la croissance à deux chiffres s’est poursuivie. D’après les estimations de la banque Vontobel, Hublot a encaissé 490 millions de francs l’an dernier. Cela représente 14% des ventes de la division montres et joaillerie de LVMH – Bulgari est à 48%, Tag Heuer à 27%.

Mais la barre du demi-milliard de francs devrait être franchie cette année, puisqu’au premier semestre 2015, LVMH a fait état d’une croissance de 10% des ventes de cette division, tout en soulignant la «forte progression» de la marque nyonnaise.

Le nouveau bâtiment, séparé du premier par quelques dizaines de mètres et par la voie de chemin de fer de la liaison Nyon-Saint-Cergue-La Cure, doit permettre à l’entreprise d’augmenter ses capacités de production – elle écoule aujourd’hui plus de 40 000 pièces par an. Mais l’objectif est également de verticaliser la production, a expliqué Ricardo Guadalupe, qui a pris la direction de la marque en 2012. D’ici à cinq ans, Hublot veut fabriquer elle-même 20 000 mouvements par an, contre 10 000 aujourd’hui. Elle ambitionne aussi de doubler sa production de boîtiers (à 20 000 pièces par année).

Si le rez-de-chaussée de Hublot 2 abrite le restaurant d’entreprise, le premier étage regroupe les machines servant à l’usinage et au décolletage. Au deuxième s’effectue le travail de sertissage ou la galvanoplastie, tandis que le dernier étage accueille les ressources humaines, la R&D et le service après-vente. L’assemblage, le marketing et la direction restent, eux, dans le premier bâtiment.

Hublot veut aussi créer d’ici à 2017 sa propre école d’horlogerie, avec huit places de formation. D’ici à trois ans, une centaine de nouveaux emplois devraient être créés. L’entreprise comptera alors 430 personnes à Nyon. «Nous étions une trentaine en 2004», a comparé Ricardo Guadalupe.

Jean-Claude Biver, lui, a asséné quelques slogans: «Hublot fait plus que produire des montres, nous avons une religion, une mission, une philosophie. Nous créons de l’âme pour votre poignet.» En dépit des soubresauts affectant l’industrie du luxe, la confiance règne. A demi-mot mardi, on laissait entendre que la partie du terrain qui fait aujourd’hui office de parking pour Hublot 2 pourrait être utilisée pour la construction d’un troisième bâtiment. Mais personne n’a officiellement osé prendre rendez-vous en 2021.

Hublot veut créer une centaine de nouveaux emplois. L’entreprise comptera alors430 personnes à Nyon

Publicité