Marketing sportif

Hublot sort indemne des scandales à la FIFA

L'horloger de Nyon (VD), sponsor de la fédération, n'y est que très peu associé durant les années sans Coupe du Monde. Le patron, Ricardo Guadalupe, veut par contre mieux protéger sa marque contre les éventuels dérapages de ses ambassadeurs

Généreuse en communication, Hublot a fait profil bas sur le dossier FIFA, dont il est l’un des sponsors. Alors que la tempête médiatique qui s’abat sur la fédération depuis mai 2015 a pris fin, depuis l’élection de Gianni Infantino, Ricardo Guadalupe émet un souhait: que ce nouveau président «remette la FIFA sur de bons rails».

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Pourtant, assure le patron de Hublot depuis Baselworld, «les problèmes de la FIFA ne nous ont pas vraiment affectés». Dans des périodes sans Coupe du Monde – la prochaine a lieu en 2018 en Russie, l’image de l’horloger n’est que peu associée à celle de la fédération.

Des nouvelles clauses dans les contrats

Hublot s’en sort donc indemne. Néanmoins, il devient de plus en plus sensible à aux agissements des fédérations ou des sportifs qui la représentent. Il n’est pas le seul sponsor à se montrer plus exigeants. L’activisme des grands bailleurs de fonds du sport international n’a jamais été aussi marqué. Adidas est le fer de lance de ce phénomène. Et l’ex-numéro un mondial du tennis féminin, Maria Sharapova, lâchée par ses sponsors en raison d’un contrôle anti-dopage positif, en est le dernier exemple en date.

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Concrètement, l’horloger, très actif dans le domaine du marketing sportif, a ajouté des clauses couperets à ses nouveaux contrats. «Le dopage, par exemple, est un motif de rupture, illustre Ricardo Guadalupe. Et plus qu’hier «nous attendons de nos ambassadeurs un comportement exemplaire». Plus prudent donc, mais assez serein: «En choisissant des légendes comme Pelé, José Mourinho ou Ferrari, on s’assure contre ce genre de risques. Nous savons à qui nous avons à faire».

Un millier d’invités à l’Euro 2016

On l’a dit, Hublot est sur plusieurs fronts sportifs à la fois. Alors que Baselworld se termine jeudi, la marque un autre événement majeur en ligne de mire: l’Euro 2016, organisé par l’UEFA, dont elle est aussi le chronométreur officiel, est le troisième événement sportif le plus regardé au monde, derrière la Coupe du Monde et les JO.

Plus de 1000 personnes seront invités par la marque en France. Et pas seulement pour assister à un match aux premières loges. Bien plus que l’Ukraine et la Pologne à l’Euro 2012, «la France nous permet de faire vivre à nos hôtes des expériences artistiques, gastronomiques, etc...», se réjouit Ricardo Guadalupe. La majorité des invités seront des clients et des détaillants. Mais Hublot n’oublie pas les gens de l’ombre: «Le match France-Suisse, le 19 juin, nous donne l’occasion d’inviter des sous-traitants et certains employés tirés au sort».

En termes de ventes, la retombée d’un Euro n’est pas calculable, conclut le patron. Une certitude, toutefois: «Un tel événement est bénéfique sur le long terme. Si notre croissance est si dynamique (14% en 2015, ndlr), cette visibilité n’y est pas étrangère».

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