Le nouvel épisode de la saga américaine «Hunger Games» qui raconte la révolte d’une poignée de jeunes dans un régime totalitaire imaginaire est officiellement sorti, jeudi, dans les salles de cinéma thaïlandaises. Mais l’un des grands exploitants de salles du pays a déjà annoncé qu’il allait finalement renoncer à projeter le film qu’il avait programmé. Le groupe Apex a expliqué qu’il avait peur de voir «ses cinémas utilisés par des mouvements politiques». Dans le royaume, où l’armée a pris le pouvoir en mai dernier après une longue phase d’instabilité politique, des militants pro-démocratie se présentent, en effet, devant les cinémas en reprenant ostensiblement le signe de ralliement utilisé dans le film par les opposants à la dictature. Ce salut – le bras tendu avec pouce et auriculaire replié et les trois autres doigts tendus – est ainsi devenu progressivement un symbole de résistance depuis le coup d’Etat du printemps.

Agacés, les militaires ont procédé ces derniers jours à plusieurs arrestations, à Bangkok mais aussi dans la ville de Khon Kaen, d’étudiants ayant osé ce geste «anti-gouvernemental». Tous ont été relâchés après avoir été «moralement recadrés» par l’armée. Ils ont dû promettre de ne plus s’associer à des protestations contre le pouvoir et ont été menacés d’être exclus de leurs universités. Le général Prayuth, le nouvel homme fort du pays, avait déjà fait arrêter ces derniers mois des étudiants lisant, dans des lieux publics, «1984», le pamphlet de George Orwell dénonçant le totalitarisme. En Chine, la sortie du nouvel épisode d’Hunger Games a, elle, été repoussée à 2015. Mais les analystes ne croient pas à une réaction d’inquiétude du régime communiste, qui aurait peur d’une rébellion de sa jeunesse contre son autoritarisme. Ils estiment plutôt que ce report doit permettre de favoriser, en cette fin d’année au box-office, les productions cinématographiques chinoises plutôt que les très populaires blockbusters américains. Dans le passé, des films américains moins chargés politiquement, comme notamment «Transformers», avaient déjà vu leurs sorties décalées par les autorités pour des raisons de stratégie commerciale.

Une commission américaine s’inquiète des dérives de la Chine

Quelques jours seulement après un affichage d’amitié entre Washington et Pékin, une commission américaine met en garde contre l’évolution récente de la deuxième puissance économique mondiale, y voyant des risques nouveaux. Les travaux de cette Commission sur les questions économiques et sécuritaires Chine- Etats-Unis (USCC), composée d’anciens parlementaires ou d’anciens membres du gouvernement, suscitent régulièrement la colère de Pékin. De fait, l’USCC ne mâche pas ses mots: en matière sécuritaire, elle note que, «à quelques exception près, la relation Etats-Unis/Chine au plan sécuritaire s’est détériorée en 2014». A plusieurs occasions depuis fin 2013, ajoutent les auteurs, de quasi-accrochages ont eu lieu, initiés à chaque fois par des militaires chinois aux comportements «imprudents, non professionnels et agressifs» qui auraient pu déboucher sur «la perte d’une vie humaine ou une crise politique majeure». Les auteurs incitent donc les autorités américaines à renforcer leur présence militaire en Asie pour faire face à la menace croissante que représente la Chine.

En matière économique également, la commission accuse Pékin de double jeu. Les flux d’investissements chinois entrant aux Etats-Unis ont dépassé, pour la première fois, ceux allant des Etats-Unis vers la Chine, et les auteurs y voient la preuve du climat d’hostilité vis-à-vis des investissements étrangers sur le sol chinois. Le déséquilibre commercial continue d’être majeur: la première puissance mondiale a vendu presque quatre fois moins qu’elle n’a acheté à la seconde. Sur le fond, les autorités chinoises sont surtout accusées de n’avoir fait que des «progrès minimes» en matière de réformes, et de n’avoir en rien résolu les problèmes de fond de l’économie chinoise que sont notamment «des sur-capacités, des dettes de gouvernement locaux à la hausse, des bulles d’actifs qui placent l’économie face au risque d’un ralentissement brutal voire d’un atterrissage brutal». Dans ce contexte, les auteurs du document de 599 pages exhortent Washington à se montrer plus ferme dans sa relation avec Pékin. «Malheureusement, les Etats-Unis choisissent trop souvent le dialogue avec la Chine, plutôt qu’une application ferme des mesures», regrettent-ils.

Nouvelle transaction géante dans l’immobilier japonais

Le fonds d’investissement américain Blackstone Group LP vient d’indiquer qu’il allait dépenser 190 milliards de yens (1,6 milliard de dollars) pour racheter le portefeuille d’actifs immobiliers détenus par General Electric au Japon. La filiale gérant les activités immobilières de GE possède actuellement 200 propriétés dans les grandes villes de l’Archipel, soit plus de 10 000 appartements, mais elle souhaite organiser au Japon un repli similaire à celui qu’elle orchestre, depuis quelques mois, sur le marché immobilier d’autres pays. Le groupe GE Capital Real Estate cherche à réduire considérablement la taille de ses actifs immobiliers pour se concentrer sur le marché du prêt dans ce secteur. Blackstone avait d’ailleurs ainsi déjà racheté, ces derniers mois, plusieurs immeubles détenus par GE aux Etats-Unis.

Cette transaction semble confirmer une certaine reprise du marché immobilier au Japon. Les grands investisseurs nippons et internationaux ont multiplié les opérations ces derniers mois, notamment sur le segment du haut de gamme. Récemment, le fonds souverain singapourien GIC avait déboursé 170 milliards de yens pour un immeuble de bureaux situé en plein centre de Tokyo.

Pékin mijote une réforme en profondeur de sa politique d’urbanisme

Le Conseil d’Etat chinois, c’est-à-dire le gouvernement, a annoncé jeudi soir qu’il allait redéfinir sa nomenclature des villes de Chine. Parmi les modifications prévues apparaîtrait le concept de ville géante. Celui-ci s’appliquerait aux agglomérations comptant plus de 10 millions d’habitants. Elles sont six dans ce cas en Chine: Shanghai, Pékin, Chongqing, Guangzhou (Canton), Tianjin et Shenzhen. Même si le gouvernement ne précise pas encore en quoi consistera ce nouveau label, les analystes sont presque unanimes à penser que Pékin va désormais chercher à stabiliser la taille de ces villes confrontées à des problèmes majeurs de pollution et de trafic automobile. L’idée serait donc de rendre encore plus difficile, sur ces territoires, l’installation des migrants.

A l’inverse, le plafond des villes dites de petite taille va passer de 200 000 à 500 000 habitants. Celles-ci vont probablement faire l’objet de plans de développement renforcés. Li Keqiang, le Premier ministre, fait, depuis longtemps, du concept d’urbanisation l’un des piliers de sa politique de développement de la Chine. Il apparaît de plus en plus clairement qu’il entend par là un urbanisme plus équilibré, avec un plus grand nombre de villes de tailles intermédiaires, mais une limitation de la croissance des mégapoles.