Le marché interbancaire montre des signes de détente, du moins en Suisse. Après avoir grimpé à un record de 3,12% le 10 octobre dernier, le Libor (London Interbank Offered Rate) à trois mois en francs est redescendu à 2,92% vendredi. Malgré ce recul, le taux interbancaire auquel les établissements se prêtent mutuellement de l'argent reste encore très éloigné du niveau de 2,5% désormais visé par la Banque nationale suisse (BNS). Le 8 octobre dernier, l'institut d'émission avait en effet abaissé la marge de fluctuation du Libor à trois mois entre 2 et 3%, soit une valeur cible de 2,5%. Quel rapport avec le marché hypothécaire? Etant donné que les établissements orientent toujours plus leurs tarifs en fonction des taux en vigueur sur le marché interbancaire, une baisse du niveau effectif du Libor à trois mois est une bonne nouvelle pour les personnes qui doivent renégocier leur emprunt hypothécaire. «Récemment, les conditions sur le marché interbancaire ont été très particulières. Cette situation ne devrait toutefois pas durer indéfiniment», pronostique Lorenz Heim, spécialiste du marché hypothécaire chez Hypothekenzentrum, une société affiliée au groupe VZ Vermögenzentrum. Faut-il s'attendre à un retour à la normale prochainement? «Le Libor à trois mois devrait en principe revenir peu à peu vers le taux cible déterminé par la BNS.»

Quelle catégorie d'hypothèques choisir dans un tel contexte? Pour le spécialiste, mieux vaut opter actuellement pour des hypothèques à taux variable qui se situent aux alentours de 3,5% en ce moment. Dans un deuxième temps, lorsque le Libor à trois mois sera redescendu à près de 2,5%, il vaudra alors la peine de s'intéresser à nouveau aux hypothèques indexées sur le taux interbancaire. «Si le Libor redescend à 2,5%, les taux proposés aux clients atteindront environ 3,3%, ce qui est plus avantageux que les hypothèques variables et à taux fixe.»

Longues échéances

S'agissant des hypothèques à taux fixe, leur part ne devrait atteindre qu'entre le tiers et la moitié du volume emprunté, conseille en revanche Lorenz Heim. Et, dans ce cas, mieux vaut opter pour des échéances longues, de 5 à 6 ans au minimum, selon le spécialiste.

Outre la normalisation attendue pour le Libor, il y a de bonnes chances que la BNS abaisse encore ses taux. Le ralentissement économique, la baisse des pressions inflationnistes et la vigueur retrouvée du franc vont limiter les scrupules de la BNS à assouplir à nouveau sa politique monétaire.