Horlogerie

HYT, symbiose de la chimie et de l’horlogerie

Après seulement deux ans d’existence, l’entreprise biennoise a trouvé son public pour ses produits encore «jamais vus», qui utilisent les fluides pour l’affichage du temps. Elle doit désormais confirmer

Tout auréolée de sa récente distinction de montre innovante de l’année au Grand Prix d’horlogerie de Genève en 2012, la jeune marque biennoise HYT voit la vie en rose. Ou plutôt en jaune, de la couleur du liquide fluorescent qui indique l’heure sur sa première création horlogère, la H1. Cette pièce, dotée d’un affichage hybride aiguilles et fluide, arrive désormais sur le marché. Et elle a trouvé son public, ses aficionados. «230 montres ont déjà trouvé preneurs. La difficulté est davantage de produire que de vendre. Nous sommes largement en retard sur la demande», s’enflamme Vincent Perriard, directeur général de la société qui a vu le jour il y a un peu moins de deux ans. Cette année, HYT, employant une douzaine de collaborateurs, produira quelque 380 unités. Sorte de rencontre entre haute horlogerie et mécanique des fluides, le prix d’entrée s’élève à 44 000 francs pour la version titane. Si le directeur général a conscience que tout succès demeure fragile, il n’en évoque pas moins un «très bon démarrage» de la société dont il a également pris des parts. L’entreprise biennoise compte cinq actionnaires au total, dont Patrick Berdoz, connu pour ses activités dans les technologies médicales, particulièrement les prothèses. HYT compte en fait aussi une petite sœur, Preciflex, la société active dans les fluides et dépositaire des brevets créés par HYT. Mis au point pour la H1, le système de pompe, actionné par deux soufflets en alliage et un piston, ouvre d’ailleurs la voie à des applications futures dans le domaine médical. En attendant, Vincent Perriard, ex-Concord ainsi qu’ancien d’Audemars Piguet ou encore de Technotime, sait pertinemment qu’il est attendu au tournant. Il faut maintenant confirmer. Susciter l’envie et créer l’émulation ou le buzz autour d’un premier modèle est une chose, rebondir en est une autre. Raison pour laquelle la marque va présenter en avril lors de Baselworld le deuxième opus de cette épopée, un modèle élaboré avec le constructeur horloger loclois Renaud & Papi (en mains de la marque Audemars Piguet). «Nous ne deviendrons jamais une marque globale. Se déployer dans la grande distribution est devenu une mission quasiment impossible face aux grands groupes, mais notre indépendance est une force. Il faut rendre nos concurrents caducs, avec des produits forts, différenciants et innovants. Et de surcroît jamais vus.» Un pari en passe d’être réussi. HYT a en effet bon espoir de parvenir à l’équilibre financier cette année déjà, relate Vincent Perriard. A terme, la société entend produire un peu plus de 1000 montres par année, tous modèles confondus.

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