L'Association internationale de transport aérien (IATA) et IBM ont décidé mercredi de collaborer à la mise au point d'un système permettant d'étendre l'utilisation du «e-ticket» – billet électronique – au monde entier. Les compétences du géant américain de l'informatique aideront au développement et à la gestion de cette future billetterie électronique mondiale. Selon l'organisation aérienne, le projet devrait être opérationnel à la fin du premier semestre de l'an prochain. Cette évolution reliera entre elles les 266 compagnies aériennes membres de IATA ainsi que l'industrie du transport aérien dans son ensemble. Ces sociétés auront la possibilité d'accéder à un service centralisé autorisant l'émission et l'échange de titres de transport. Selon un porte-parole de IATA, malgré un investissement initial conséquent, les économies envisageables – en terme de temps, de travail, de papier, de frais d'envoi et de postes de travail – devraient définitivement séduire les transporteurs aériens. De plus, le billet électronique est selon l'organisation aérienne une réponse efficace à toute tentative de fraude.

Dans l'optique de la création de cette billetterie, la Convention de Varsovie, datant des années 20, s'affirme comme un réel obstacle à l'application de cette innovation. Selon cet accord international, les compagnies aériennes ont l'obligation d'avertir les passagers de leur responsabilité limitée en cas d'incidents. Ce texte juridique figure actuellement au dos des tickets émis pour les vols internationaux. La négociation, par les compagnies aériennes, d'un standard international remplaçant le billet actuel devrait permettre une uniformisation rapide du système.

Si la Convention de Varsovie régit le ciel mondial, elle n'est pas une barrière à la mise en place d'une billetterie électronique au niveau national. De ce fait, l'émission de «e-tickets» est une pratique déjà fort répandue sur les vols domestiques au Japon ou aux Etats-Unis. Sur 7 millions de billets vendus au mois de mai par la compagnie United Airlines, 51% sont reconnus être électroniques. Pour la première fois depuis 1994 – année de l'inauguration de la prestation par la compagnie d'aviation américaine –, la majorité des clients a privilégié cette voie pour acquérir leurs titres de transport.

Ce changement d'attitude révélateur des consommateurs ne peut que renforcer l'actualité du projet annoncé par IBM et IATA. La simplicité et la rapidité de fonctionnement du système semblent avoir particulièrement séduit ces voyageurs selon la IATA. Les réservations s'effectuent certes toujours auprès d'une agence de voyage ou d'une compagnie aérienne via le téléphone, le fax ou Internet. Mais une fois à l'aéroport, la simple introduction de sa carte de crédit dans une borne ou sa vérification par un employé permet au passager d'accéder directement à son vol. «Cette solution simplifie les procédures d'embarquement et évite tout risque d'oubli ou de perte de billet pour le client», souligne encore la IATA. En Suisse, la ligne Genève-Zurich fait actuellement l'objet d'une étude de la compagnie Swissair dont les conclusions sont attendues pour la fin du mois d'août afin d'évaluer la fiabilité et la rentabilité de ce système de billetterie électronique.