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IBM veut vendre son système d’intelligence artificielle en Suisse

IBM a présenté mardi à Lausanne son logiciel Watson, qui répond à des questions. Des essais sont menés dans la finance, la vente de détail et la santé

IBM veut vendre son système d’intelligence artificielle aux entreprises suisses

Informatique Le groupe américain a présenté mardi son logiciel Watson, qui répond à des questions

Des essais sont menés dans la finance, la vente de détail et la santé

Ken Jennings et Brad Rutter. Inconnus en Europe, les deux hommes sont célèbres aux Etats-Unis. Tous deux champions de jeux télévisés, ils ont été les seuls à défier un système d’intelligence artificielle sur un plateau – celui de Jeopardy! Et à perdre face à lui. En février 2011, Watson, le programme développé par IBM, les a battus à trois reprises. Depuis, le logiciel a évolué. Et IBM veut désormais le vendre aux entreprises. Mardi à Lausanne, dans le cadre de son Business Innovation Summit, la multinationale a ainsi présenté Watson à une centaine de dirigeants d’entreprise.

IBM mise gros sur Watson. Selon des documents obtenus par le Wall Street Journal, sa directrice, Virginia Rometty, estimait fin 2013 que Watson pourrait générer 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel d’ici à 2018. A titre de comparaison, la multinationale a réalisé un chiffre d’affaires de 22,5 milliards de dollars au premier trimestre 2014.

Que représente Watson? «C’est un supercalculateur cognitif, explique Haig A. Peter, responsable de la commercialisation des innovations chez IBM. Le système est capable d’exploiter de vastes bases de données, de générer des hypothèses et de comprendre le langage naturel. Et nous voulons le vendre dans de nombreux domaines de l’économie et de la finance.» Physiquement, Watson a évolué. «Lors de Jeopardy!, le logiciel nécessitait trois armoires de serveurs, de la taille d’un frigo chacune, pour tourner. Désormais, Watson fonctionne sur des serveurs de la taille de trois cartons de pizzas», poursuit Haig A. Peter. Reste à vendre le logiciel. «En début d’année, nous avons créé une division au sein d’IBM dotée de 1 milliard de dollars pour financer des projets en partenariat avec des entreprises et développer nos activités commerciales pour Watson. C’est le but de notre présence à Lausanne: susciter des idées dans les sociétés afin de développer des services d’intelligence artificielle», ajoute Pascal Allot, directeur d’IBM pour la Suisse.

Aux Etats-Unis, Watson est déjà utilisé par Citigroup. La banque le teste pour qu’il recommande des produits financiers personnalisés à des clients. «De manière générale, Watson pourrait être utilisé dans le secteur financier pour calculer la situation d’un couple, prévoir son budget dans vingt ans lorsque sa fille de 2 ans aujourd’hui sera à l’université et enfin choisir la meilleure hypothèque», affirme Haig A. Peter. En pratique, Watson est déjà utilisé par la société The North Face. Sur son site web destiné aux clients américains, la marque de matériel de sport de montagne permet aux internautes de poser des questions en langage naturel («De quoi ai-je besoin pour un trek de quatorze jours en haute montagne?»).

Watson y répond. Enfin, le logiciel est aussi testé par des entreprises de service. «S’il a un souci avec son smartphone, le client peut soit téléphoner à un centre d’appels, soit dialoguer par «chat» avec Watson, explique Haig A. Peter. Le logiciel va analyser des milliers de pages de forums et de modes d’emploi pour trouver une solution. Et d’après les tests que nous menons, le taux de réussite est important.»

En Suisse, IBM a noué des premiers contacts avec des hôpitaux pour leur proposer Watson. Mais la langue – le logiciel n’est pour l’heure utilisable qu’en anglais – est encore un frein. «Nous prévoyons de le lancer dans d’autres langues. Car le domaine de la pharma et plus globalement de la santé est très important pour nous. Nous travaillons déjà avec le Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York pour aider les oncologues à trouver le meilleur traitement en analysant les données du patient et l’ensemble des recherches disponibles», explique Haig A. Peter.

Reste à savoir si IBM pourra tenir le choc face à des concurrents tels que Google, qui, lui aussi, investit dans l’intelligence artificielle. «Je n’ai aucun doute à ce sujet, poursuit le responsable. Pour la vingt et unième année consécutive, en 2013, nous avons été l’entreprise qui a déposé le plus de demandes de brevets, avec un total de 6800. Nous demeurons innovants.»

Citigroup teste Watson pour qu’il recommande des produits financiers personnalisés à des clients

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