Coup dur pour les quelque 30 employés d'Icare Services, basée à Sierre. La société, spécialisée dans les solutions informatiques de gestion et l'hébergement de sites, annoncera aujourd'hui son dépôt de bilan. Rachetée en janvier dernier par la société suisse T & D Groupe, Icare Services, déjà en difficulté à l'époque, n'aura donc survécu que neuf mois dans le giron de son nouveau propriétaire.

Contactés hier, tant Jean-Luc Solioz, directeur d'Icare, qu'Eric Bocquet, cofondateur et directeur financier de T & D Groupe, se sont refusés à tout commentaire avant la conférence de presse qui doit avoir lieu ce matin à Sierre.

Il semble que tant la morosité du marché informatique romand que des divergences d'opinion avec la direction de T & D Groupe soient à l'origine de cette décision. Les 28 employés d'Icare perdront leur emploi, alors que leurs clients, dont fait partie Le Temps pour l'hébergement de son site Internet, se verront proposer des solutions alternatives. Le site du journal ne devrait donc pas être affecté par la disparition d'Icare.

Clients importants

Touchée de plein fouet par la crise du secteur informatique, Icare avait vu ses effectifs fondre régulièrement au cours des dernières années. La société comptait près de 70 collaborateurs en 2000, un nombre qui chutait à 34 lors de son rachat en janvier dernier par T & D Groupe.

Spin-off de l'institut de recherche en informatique Icare en 1997, la société avait bénéficié d'une recapitalisation de sa part en 2003, après avoir subi de nouvelles mesures de restructuration. Le rachat par T & D Groupe semblait arriver à point nommé. Interrogé à l'époque par L'Agefi, Jean-Luc Solioz estimait que sa société allait bénéficier d'une palette de ressources beaucoup plus large, ce qui devait permettre d'élargir ses compétences en dehors de l'environnement Microsoft, par exemple. En effet, T & D Groupe était alors spécialisée dans Unix via sa filiale anglaise, et Oracle via sa filiale parisienne. Créé en 1999 à Nyon par trois associés, T & D Groupe s'offrait, avec le rachat d'Icare, une forte implantation régionale et une clientèle presque exclusivement composée de petites et moyennes entreprises.

Cette année, le groupe, composé de six sociétés, devrait afficher un chiffre d'affaires de quelque 20 millions de francs – dont moins de 4 millions via Icare –, en partie dû à des clients tels que L'Oréal, Novartis ou IBM. L'alchimie entre la petite société locale et le groupe aux ambitions européennes n'aura manifestement pas fonctionné.