Les sept derniers jours ont été mouvementés dans le monde des cryptomonnaies. Le 25 juillet, la SEC, le gendarme financier américain, a lancé une mise en garde concernant les «initial coin offerings» (ICO), l’opération en vogue pour lever des millions en toute discrétion et souvent en l’espace de quelques minutes. Le même jour était arrêté le fondateur de la plateforme de bitcoin BTC-e, soupçonné de blanchiment. La prochaine étape de ce début d’encadrement pourrait viser les plateformes d’échange des jetons obtenus lors des ICO, estiment des spécialistes américains.

Pour rappel, une ICO permet à une start-up de préfinancer un futur produit ou service en faisant appel à des investisseurs payant en cryptomonnaie (bitcoins ou ethers la plupart du temps). Les apporteurs de capitaux reçoivent en échange un jeton (ou «token»), qui pourra être échangé contre le produit ou le service qu’ils auront servi à financer.

Les cryptomonnaies ont progressé

Encore récentes, ces levées de fonds basées sur la blockchain ont explosé cette année, permettant à plus d’un milliard de dollars de changer de mains. Après cette première prise de position officielle de la SEC sur les ICO, les cours des cryptomonnaies ont initialement reculé, avant de se stabiliser. Le bitcoin a légèrement progressé sur les 7 derniers jours, à un peu plus de 2800 dollars (2714 francs), tandis que l’ether perdait une vingtaine de dollars et repassait sous la barre des 200 dollars la pièce.

Des doutes subsistent sur la véritable portée de l’avertissement du gendarme américain des marchés. La SEC ne s’est prononcée que sur un cas précis: «the DAO», une levée de fonds de 150 millions de dollars en 2016, qui a tourné à la débâcle après que des hackers ont volé la plupart des jetons en jeu, ce qui a d’ailleurs lancé l’enquête des autorités.

Faire un exemple

Après cet avertissement, la SEC pourrait décider de faire un exemple en sanctionnant une entreprise impliquée dans une ICO, estime dans le Wall Street Journal l’ancienne procureure fédérale américaine Kathryn Haun, spécialisée dans les monnaies virtuelles.

Le marché secondaire offre un autre levier d’action pour les autorités, observe Jerry Brito, du think tank Coin Center, qui intervenait dans une conférence sur la blockchain, vendredi à Washington: «une fois qu’ils ont été émis, les jetons obtenus lors des ICO peuvent s’échanger sur des plateformes spécialisées. Plutôt que d’agir à chaque ICO, la SEC pourrait s’en prendre à plusieurs de ces plateformes qui assurent la liquidité de ces échanges». Et empêcher la spéculation basée sur ces jetons.