Biotech

Avec Idorsia, Jean-Paul Clozel a déjà atteint son premier but

La nouvelle biotech bâloise issue d’Actelion vaut déjà plus de 2 milliards de francs en bourse après les achats de titres qui ont permis aux époux Clozel de porter leur participation à un quart du capital

Le cadre n’a pas changé. Ce sont les mêmes bâtiments dessinés par Herzog & de Meuron à Allschwil, dans la banlieue bâloise. L’équipe n’a pas non plus été modifiée. Jean-Paul Clozel est toujours président de la direction générale et Martine Clozel, Chief scientific officer. Ce n’est plus d’Actelion dont il s’agit, mais d’Idorsia. Actelion a été reprise pour 30 milliards de dollars par Johnson & Johnson (J&J), à l’exception d’un pipeline de recherche qui ne lui convenait pas. Jean-Paul Clozel est de son côté parfaitement convaincu de son potentiel.

C’est ainsi qu’est née Idorsia. En mai dernier, le patron de cette nouvelle biotech qui a l’avantage de disposer d’un milliard de francs au premier jour de sa naissance, affichait ses ambitions en ces termes: «Nous voulons créer une société biopharmaceutique leader en Europe». La biotech bâloise vaut déjà 2,3 milliards de francs. Jean-Paul Clozel peut être satisfait. Sa deuxième société est déjà l’un des rares grands groupes biotech européens.

Quand la famille achète

En bourse, aussi, ses titres se portent extrêmement bien. Après avoir permis une hausse d’Actelion de 850% en cinq ans, Idorsia présente un parcours boursier prometteur. Offert à 10 francs, le titre a gagné 22% lors de ses trois premières heures de cotation. Il a poursuivi sa hausse pour osciller autour de 20 francs vendredi. Les gains ont en partie profité de l’augmentation de la participation de la famille Clozel à 22,8%.

«Le groupe sort du lot par l’étendue de son pipeline de projets, l’importance de ses opportunités et la qualité de son management», écrit Morgan Stanley dans une étude. Compte tenu des risques de ces projets et des domaines thérapeutiques très complexes, les analystes sont négatifs sur le cours, puisqu’ils ont un objectif de cours de 12 francs. Dans le meilleur des cas, l’action pourrait grimper à 26 francs d’ici un an et dans le pire chuter à 4 francs, indiquent-ils.

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Le laboratoire, qui emplie 650 collaborateurs dont 400 chercheurs, développe des traitements qui, dans le meilleur des cas, ne seront commercialisés que dans plusieurs années. Mais il a l’avantage sur les start-up biotechs d’avoir 1 milliard de francs de liquidités au départ. L’objectif du groupe est d’apporter au moins trois produits sur le marché et de créer un pipeline de projets au potentiel de ventes de 5 milliards de francs. Sur le plan mondial, le marché biotech enregistre 130 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en 2016.

Une commercialisation encore lointaine

Le pipeline de produits comprend entre 10 et 15 projets. Ses trois principaux sont l’ACT-132577 contre l’hypertension (en phase II), le Cenerimod contre le lupus érythémateux (en phase II), une maladie rare, le Dora, contre l’insomnie. Morgan Stanley estime que le Cenerimod dispose du plus grand potentiel de ventes, avec 1,05 milliard de francs, devant Dora avec 860 millions de francs.

En vertu d’un accord, J&J pourrait verser 230 millions de dollars à Idorsia à la fin des études de phase II de l’ACT-132577. Les analystes espèrent un lancement du produit en 2022. Morgan Stanley accorde une probabilité de succès de 60% à ce projet. Mais les prochaines informations sur le pipeline porteront sur DORA, contre l’insomnie, un projet dont la probabilité de réussite est de 40% selon la banque américaine. Les investisseurs obtiendront des premiers résultats à ce sujet dès cet automne.

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280 millions de francs par an

Dans l’attente de revenus de ses médicaments, l’entreprise «brûle» beaucoup de cash, à savoir 280 millions de francs par an pour financer sa recherche. Mais Morgan Stanley estime qu’Idorsia n’aura pas besoin d’augmenter son capital, le groupe profitera de l’exercice du droit d’option de J&J sur le produit contre l’hypertension et du droit d’augmenter sa participation à 32%.

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