L'aménagement des barrages suscite toujours de vives controverses. Le barrage de Trois-Gorges en Chine ou celui de Narmada en Inde ont été fortement contestés pour diverses raisons: inondation des zones habitées et des vestiges historiques, déplacement des populations, destruction de la faune et de la flore et surtout manque de dialogue avec les populations directement concernées.

Stucky est actuellement en prise avec un projet contesté en Turquie. Il s'agit du barrage d'Ilisu sur l'un des bras d'Euphrate dans le sud-est anatolien. L'entreprise vaudoise fait partie d'un consortium international mis en place pour réaliser l'ensemble des travaux.

Le projet d'Ilisu n'est pas nouveau. Il avait été abandonné il y a cinq ans suite aux diverses oppositions. Les concepteurs de nouveaux plans jurent avoir pris en compte les critiques. «Mais on ne peut tout de même pas faire des omelettes sans casser des œufs. En revanche, on peut essayer d'en casser le moins possible ou les casser le plus élégamment possible», fait remarquer Marc Balissat, directeur de Stucky.

La participation des entreprises suisses dans ce projet dépendra de la Garantie contre les risques aux exportations qui doit donner ou refuser son aval ces prochaines semaines. Les écologistes suisses, dont la Déclaration de Berne, y sont opposés.

Stucky est déjà présente en Turquie où elle construit le barrage de Deriner. Avec ses 257 mètres, il sera l'un des plus hauts dans le monde et s'inscrit clairement dans la politique énergétique de la Turquie, qui est de développer l'électricité hydraulique.