La Genevoise a-t-elle encore un avenir en tant que marque au sein de Zurich Financial Services? Le géant de l'assurance y répondra cet automne. Car après UBS, Credit Suisse et bien d'autres, James Schiro, CEO de Zurich Financial Services, veut réduire son portefeuille de marques de soixante à «une poignée», annonce-t-il à la presse, jeudi. En Suisse, le processus est déjà bien engagé. La Zurich a par exemple intégré Altstadt et Alpina. Mais la Genevoise, contre vents et marées, est restée. Cette nouvelle phase devrait permettre une concentration de sa stratégie publicitaire et une centralisation des ressources financières. Cette opération permettra une reconnaissance «globale» d'un groupe qui s'est bien repris.

Les résultats semestriels en attestent. Le bénéfice net de 1,79 milliard de dollars (+21%) dépasse de 160 millions les prévisions des analystes, avec une performance remarquable dans l'assurance vie (+79%) et dans les placements financiers.

Bénéfice record

Certains experts doutent du caractère durable de celui-ci. Les plus-values sur les capitaux, 1 milliard de dollars, sont par exemple trois fois supérieures aux prévisions des analystes de LODH.

Le résultat de l'assurance dommages (+15%) est a priori moins convaincant car le taux combiné se détériore de 96,6 à 96,9%. Un taux combiné inférieur à 100% indique un bénéfice dans les affaires d'assurance. Plus il est faible et mieux se comporte la compagnie. Selon LODH, cette légère déception résulte en fait d'une approche plus conservatrice dans l'établissement des réserves.

Zurich se porte donc comme un charme. Le bénéfice d'exploitation semestriel excède pour la première fois de son histoire les 2,3 milliards de dollars. D'ailleurs l'agence de notations Fitch relève son rating de A à A +.

Malgré ces succès, l'action baisse nettement en Bourse. Mais Zurich occupe en 2005 un bon 5e rang au classement des meilleures performances boursières parmi les 27 membres de l'indice Bloomberg des assurances européennes.

Certains experts craignent qu'une fois sa restructuration achevée, la direction se lance dans une campagne d'acquisitions. Sentant le danger, James Schiro se veut rassurant et parle de croissance organique. «Zurich n'est plus une cible sur le marché des acquisitions.» Elle veut participer à la consolidation, mais pas à n'importe quel prix. L'intérêt du management porte sur l'Asie, l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne. Mais «50% des acquisitions sont des échecs». Prudence donc. «Nous n'avons pas de stratégie d'acquisitions», conclut James Schiro. Il est également vrai qu'avec une baisse de 2% des recettes de primes, la croissance dite organique fait défaut au premier semestre.