Logement

Immobilier: les acheteurs sont devenus plus regardants

L’immobilier résidentiel ne baisse toujours pas, affirment les derniers pointages. En revanche, les objets haut de gamme sont désormais trop chers

C’est désormais une certitude. Après presque quinze ans de hausse généralisée et ininterrompue, le marché immobilier résidentiel traverse une phase d’accalmie. Ce ralentissement dissimule néanmoins des tendances très diverses.

Globalement, la demande résiste. Et ce, malgré les freins réglementaires mis en place ces dernières années. C’est d’abord et surtout grâce au niveau des taux hypothécaires. Ils ne cessent de crever des planchers historiques que l’on croyait imbattables.

Selon les établissements et le profil de l’emprunteur, il est aujourd’hui possible d’obtenir des fonds pour dix ans à un taux inférieur à 1%. «Il y a eu un vrai coup d’arrêt depuis 2012 ou 2013. Mais les taux restent si bas que les clients ont refait leurs calculs et reviennent nous voir», explique un agent immobilier actif dans le canton de Vaud.

Les taux resteront bas

Les perspectives incitent elles aussi ceux qui ne l’ont pas encore fait à tenter leur chance. Personne ne s’attend à ce que les taux de référence de la Banque nationale suisse (BNS), actuellement en territoire négatif, ne remontent rapidement. C’est ce que confirme un sondage publié lundi par le courtier en ligne MoneyPark, qui a interrogé 80 professionnels de l’immobilier. Plus de la moitié d’entre eux s’attendent par ailleurs à ce que les prix des logements restent stables, au cours des prochains mois.

Pas de fléchissement, donc. Et même quelques hausses localisées. Dans la propriété par étage (PPE), «la forte demande génère une importante hausse dans les gammes de prix avantageuses», signale le bureau de conseil Wüest & Partner dans une étude publiée fin juillet. En une année, entre mi-2015 et mi-2016, ce segment a ainsi enregistré une progression de 5,7% qui n’a rien à envier à celles des années 2000 à 2010.

A la différence près que cette hausse ne concerne plus tous les logements. Depuis l’an dernier, certains types d’appartements traversent une tout autre conjoncture. Le prix des objets les mieux placés et dont les standards de construction sont supérieurs à la moyenne ont baissé de 5,3%. Et la déconvenue pourrait se poursuivre, puisque MoneyPark explique qu’une baisse pouvant aller jusqu’à 30% est envisagée par les experts qui ont été sondés.

Une PPE plus simple ou une villa plus éloignée

Ou sont passés les acheteurs les plus aisés? Ces derniers ne sont a priori pas les plus touchés par le durcissement des conditions d’octroi de crédit.

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D’abord, les immigrants au revenu élevé sont moins nombreux à gagner la Suisse. D’autres se tournent vers des objets moins bien cotés – moins chers, observe Wüest & Partner. Puis, il y a ceux qui choisissent une autre option. «Lorsque le prix d’un appartement dépasse un million, certains clients, ceux qui accepteraient de s’éloigner du centre, se demandent s’il ne vaut mieux pas chercher une maison», témoigne l’agent immobilier vaudois.

En tout cas, les villas restent prisées. Elles sont aujourd’hui 2,2% plus chères que l’an dernier et coûtent, en moyenne suisse, 1,27 million de francs. Mais là aussi, les acheteurs sont sélectifs: «En dehors des grands centres, ce sont surtout des maisons individuelles à prix modérés qui sont recherchées», conclut Wüest & Partner.

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