Le parcours qui a consacré Bernard Nicod «roi de l'immobilier» a un moteur: une personnalité haute en couleur. Sociable à l'extrême, un brin «jet-setteur», le promoteur vaudois ne démord pas d'une discipline de fer, se passionne pour la compétition de ski, le tout sur fond d'anticonformisme audacieux. Autodidacte, il se démarque en cultivant une image antibourgeoise qui contraste avec sa lignée familiale de médecins catholiques bien établis. Admiré, il en assume le corollaire d'être aussi parfois controversé. Cet aventurier né sous le signe du lion ne se destinait pas spécialement à une carrière dans la pierre. L'occasion a fait le larron. Dans sa région vaudoise natale, le secteur immobilier avait de quoi attirer son sens aigu des affaires. En 1978, une année avant de passer sa patente de courtier, il faisait déjà «énormément d'affaires» et avait fondé Bernard Nicod SA à Lausanne, dont il reste l'unique propriétaire. Le groupe de 264 salariés s'impose comme entreprise générale, promoteur immobilier et régie, avec 353 millions de francs d'états locatifs.

Cet agitateur naturel qui n'a pas sa langue dans sa poche a fait une entrée remarquée dans le discret milieu genevois il y a deux ans, après avoir conquis Vaud et le Valais. Il reste hors des «clubs»: «Je n'appartiens pas à la Société genevoise des régisseurs, tout comme je n'ai jamais appartenu à celles de Vaud et du Valais.»

Bernard Nicod SA a deux adresses à Genève: la place du Molard, depuis le rachat en 2001 de la Générale Immobilière en faillite, et la Gare des Eaux-Vives depuis la reprise de Juilliard Immobilier, aussi en déconfiture. Et l'avenir? «Je prévois cinq années exceptionnelles d'immobilier sur l'Arc lémanique.» On peut le croire: le promoteur n'est pas homme à plaisanter sur ces choses-là.