Réunie à l’instigation du très tiers-mondiste président de l’Assemblée, le Nicaraguayen Miguel d’Escoto, cette conférence réunira des représentants de quelque 120 pays, dont les présidents de l’Equateur et du Venezuela, Rafael Correa et Hugo Chavez, les vice-présidents d’Iran et du Zimbabwe et les Premiers ministres de Bosnie, Serbie, du Togo et de plusieurs pays des Caraïbes.

Mais de nombreux pays occidentaux ont dépêché des délégations de niveau plus modeste, signe d’un évident manque d’intérêt. Initialement qualifiée de «sommet» et prévue début juin, la conférence avait dû être reportée de trois semaines, faute de précisions sur les participants et de consensus sur un futur document final.

Lors d’une conférence de presse mardi, M. d’Escoto a affirmé que l’événement visait à «identifier les réponses à apporter dans l’urgence ainsi qu’à long terme afin d’atténuer l’impact de la crise, notamment sur les populations vulnérables, et d’entamer un dialogue nécessaire sur la transformation de l’architecture financière internationale, en prenant en compte les besoins et préoccupations de tous les Etats membres».

Les pays en développement, soit la majorité des 192 Etats membres de l’ONU, arguent qu’ils paient au prix fort les conséquences d’une crise créée par le monde développé. «Bien que nous ne soyons pas responsables (de la crise), nous en subissons les dommages collatéraux», a expliqué cette semaine à New York Martin Khor, directeur de l’Observatoire du Sud (South Center), un groupe de réflexion sur les pays en développement basé à Genève.

Les organisateurs ont souligné que la Banque mondiale prédisait un déficit financier pouvant aller jusqu’à 700 milliards de dollars pour les pays en développement du fait de la crise, ce qui causerait de 1,5 à 2,8 millions de décès supplémentaires chez les jeunes enfants d’ici à 2015, et ferait glisser plus de 100 millions de personnes dans l’extrême pauvreté pendant toute la durée de la crise.

M. Khor a déploré que jusqu’ici la réponse internationale à la crise mondiale ait été orchestrée par des clubs fermés comme le G8 ou le G20, tandis que la plupart des pays en développement n’ont pas été consultés.

«Cette réunion établit sans aucun doute que le forum le plus adéquat pour discuter de ce type de problème est l’ONU», a déclaré M. d’Escoto. «Après tout, il s’agit d’un problème mondial et il doit être discuté par tout le monde.»